Tour Down Under : Faire du vélo face au changement climatique

Le Tour Down Under sans Willunga Hill, l'icône de la course

Le cyclisme, ce sport qui se vante d'être un stade ouvert sur le monde, découvre de la pire des manières que les murs de son pavillon naturel se ferment.

Ce qui pendant des années a semblé être un avertissement lointain ou une note de bas de page dans les rapports scientifiques est devenu le scénario principal des courses.

Ce n’est pas quelque chose de nouveau pour ceux qui savent regarder en arrière ; Le mythique magazine ProCycling en avait déjà alerté il y a des années, avant de disparaître des kiosques, lorsqu'il soulignait avec une lucidité presque prophétique que ce sport était extrêmement sensible à la réalité climatique.

CCMM Valence

Ce journal, qui considérait le cyclisme comme un mélange de contexte épique et social, a déjà mis le doigt sur le sujet : si le climat change, le cyclisme, tel que nous le connaissons, l'accusera.

C'est aux antipodes que nous avons eu la confirmation la plus frappante de ce diagnostic ces jours-ci.

Le Tour Down Under n'a pas fait l'actualité pour une attaque dans le dernier kilomètre ou pour une brillante stratégie tactique, mais pour une capitulation nécessaire face à une chaleur qui n'est plus « sportive ».

L'organisation a été contrainte de prendre une mesure historique et douloureuse : éliminer une ascension mythique qui avait été le totem de l'événement toute sa vie, à l'extérieur de Willunga Hill.

Il ne s’agissait pas d’une décision capricieuse ni d’un excès de zèle bureaucratique, mais d’une réponse d’urgence à des températures dépassant les 40 degrés, transformant l’asphalte en un piège thermique impossible à gérer pour le corps humain sous un effort extrême.

Cette vulnérabilité n’est pas une conjecture, c’est un fait.

Lorsqu’une course prestigieuse doit amputer son parcours et renoncer à ses marques après deux décennies de stabilité, le message est clair.

Le changement climatique ne demande pas un pas en avant, il est déjà présent dans la voiture de direction de la course.

Ce que ProCycling considérait comme une menace structurelle s’est matérialisé en Australie par un effondrement sportif.

Le cyclisme dépend d'un équilibre thermique et environnemental qui se rompt, et la suppression de ports emblématiques au nom du pur risque de survie est le symptôme d'une maladie qui ne peut plus être masquée par les watts ou l'aérodynamisme.

L'asphalte australien a rendu sa sentence : les règles environnementales et le cyclisme, pour la première fois, n'arrive pas à suivre.


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