Monuments : Qui fait le siège de Van der Poel et Pogacar ?
Quand Pogacar ou Van der Poel partent, les monuments sont décantés
La dictature des talents imposée par Pogacar et Van der Poel a poussé le peloton dans un état de paralysie, mais aussi dans des expérimentations désespérées qui frisent l'insolvabilité tactique dans les monuments.
Ce que Tiesj Benoot suggère concernant l’arrêt de la collaboration, c’est la voie rationnelle, mais il y a un autre aspect : celui de l’immolation consciente.
L'exemple de Quinn Simmons lors du dernier Giro de Lombardia est le parfait symptôme de ce cyclisme à deux vitesses.

Simmons, conscient que dans un face-à-face final les options sont nulles, a décidé que son seul atout était le chaos, lançant une attaque à distance de but qui défiait toute logique d'économie d'énergie.
Il s'agissait d'une tentative de jouer au fou, d'embraser la course avant que le scénario prévu par les favoris ne soit exécuté avec une précision chirurgicale.
Cette stratégie du « tout ou rien » à distance est la réponse viscérale au monopole dont on se souvient de l’époque de Cancellara et Boonen dans les classiques de pierre.
Dans ces années-là, si les patrons ne gagnaient pas, leurs compagnons gagnaient.
Aujourd'hui, les coureurs comme Simmons comprennent que la seule façon de briser le contrôle des cannibales est de les forcer à courir d'une manière qu'ils ne veulent pas, en anticipant un désordre qui, bien que suicidaire pour l'attaquant, est le seul scénario dans lequel les stars pourraient hésiter. ET
C'est un cycle de guérilla contre une armée régulière impeccable.
Cependant, le problème demeure : qu'il s'agisse de la collaboration passive que dénonce Benoot ou des attaques kamikaze de Simmons, le résultat est généralement le même.
Le peloton se retrouve à la croisée des chemins où la logique d’équipe a explosé. Si courir avec eux c'est mourir et attaquer de loin c'est immoler, le cyclisme des grands événements risque de devenir un monologue où les autres ne choisissent que le chemin de la défaite.
Les tactiques en Flandre, à Roubaix ou en Lombardie ne consistent plus à savoir qui est le plus fort, mais à savoir qui est prêt à briser le plateau de jeu avant que les rois ne fassent le premier pas.
C'est seulement par ce cynisme tactique ou cette folie absolue que nous pourrons empêcher que le bilan de la décennie ne soit une liste de noms répétés ad nauseam.






