Les chutes de Vingegaard causent une brèche
Jonas Vingegaard ne nettoie pas les incidents
Ils étaient à la présentation de la Volta enthousiasmés par la présence d'un double vainqueur du Tour, Jonas Vingegaard, au départ de Sant Feliu, croisant les doigts pour que ce qui s'est passé l'année dernière n'arriverait pas, alors que le Danois n'a pas pu courir à cause d'une chute à Paris-Nice.
Le cyclisme, dans son aspect le plus brut, a la capacité de transformer le calendrier d'un champion en un compte à rebours plein de chocs.
Jonas Vingegaard, l'homme qui a fait de la précision et du silence sa meilleure arme, semble être entré dans un cycle où la route lui fait des ravages excessifs avant même d'enfiler son premier numéro sérieux.

La nouvelle de son absence du UAE Tour n’est pas qu’une simple baisse d’une liste d’inscription ; C'est la confirmation que le spectre de la vulnérabilité s'est installé au sein de Visma-Lease a Bike.
Il n'est pas nécessaire d'être un lynx pour comprendre que la chute d'Itzulia en 2024 a marqué un avant et un après dans le psychisme du coureur. Ce n’était pas une égratignure, c’était un avertissement sur l’extrême fragilité qui entoure les élus.
Cependant, ce qui inquiète, ce n’est plus le coup dur, mais la chute malaisienne des imprévus.
On le disait, l'année dernière Paris-Nice lui avait déjà volé des semaines de compétition, l'obligeant à faire une pause jusqu'au Dauphiné, et voilà, alors que le duel contre Evenepoel aux Emirats aurait dû servir de thermomètre, une baisse d'entraînement conjuguée à la maladie remet à nouveau le compteur.
On dira, avec cette légèreté typique de l'analyse des résultats, que nous sommes en février et que le Tour de France est loin.
C'est vrai.
Mais le cyclisme d'aujourd'hui ne comprend pas les improvisations.
Chaque jour que Vingegaard passe à retrouver le tonus perdu au lieu de peaufiner sa forme est un cadeau pour ses rivaux, en particulier pour un Pogacar qui ne laisse généralement pas de miettes derrière lui.
L’adversité, lorsqu’elle survient au compte-goutte, finit par pénétrer plus profondément qu’une averse soudaine.
Ce sentiment que le chemin vous réserve toujours une pierre finit par miner le moral du plus froid des Danois.
Vingegaard a besoin de normalité, et la normalité dans ce sport s'écrit avec des kilomètres et des chiffres, pas avec des annonces médicales et des absences.
Le mérite de son talent est infini, mais le temps de compétition perdu est un luxe que même le double vainqueur du Tour ne devrait pas se permettre aussi souvent.
La question n’est plus de savoir si elle tiendra jusqu’à l’été, mais avec quel poids d’incertitude elle y parviendra après ce début chaotique.
Image : ASO/Aurélien Vialatte
