Le Giro d'Italia n'a pas besoin de toutes les stars

Quand la course est la star, aucun nom n'est nécessaire, cela arrive dans le Giro d'Italia

Il y avait de l’anxiété, et ce n’était pas étonnant.

Au départ de ce Giro d'Italia, la liste des favoris était si mince que l'analyse précédente s'épuisait en un seul nom : Jonas Vingegaard.

Avec un méga favori d'une telle trempe et des outsiders qui, soyons honnêtes, gravitent à une distance sidérale du Danois, le découragement menaçait de s'installer avant le premier coup de pédale.

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Même le « battage médiatique » qui précède habituellement le grand tour italien a été éclipsé par le brouhaha médiatique de Paul Seixas et sa confirmation pour le Tour de France. Il semblait que le Giro allait naître condamné, mais cette course a un don divin de rédemption.

Au-delà de l'excentricité du départ en Bulgarie – qui, même si j'applaudis l'ouverture à de nouveaux marchés, je m'interroge encore sur la rentabilité logistique et émotionnelle d'un déménagement si loin de chez moi -, la course est revenue à son essence.

Ce que nous avons vécu le jour qui a couronné Igor Arrieta est une de ces choses qui nous réconcilient avec le vrai cyclisme, celui qui s'épanouit rarement dans d'autres contextes que celui italien.

C'était une étape qui avait tout pour plaire : une pluie plombée, un froid qui pénètre jusqu'aux os, du brouillard fermant les ports et un sentiment constant de chaos.

Une journée très dure, une de celles qui brûlent la santé et minent l'esprit, mais qui ont abouti à un résultat fantastique.

Ce sont des journées purement Giro.

C'est cette mystique des routes italiennes, surtout lorsqu'elles vont vers le sud, vers la Basilicate, où l'asphalte n'est pas toujours un tapis et où le danger rôde à chaque virage glissant.

Ce sont des itinéraires complexes et élaborés et, surtout, d’une beauté visuelle époustouflante.

Découvrir ces villes suspendues et ces enclaves incroyables est la facture que nous payons volontiers, même si parfois l'organisation complique inutilement la vie avec des arrivées comme celle de Naples.

Une chute malheureuse nous a coupé le souffle, même si pour l'instant les rapports ne parlent que de rayures, en attendant des confirmations plus sérieuses.

Ce Giro d'Italia nous montre une fois de plus que, même s'il n'y a pas toujours toutes les figures qui monopolisent l'attention sur le Tour ou la Vuelta, on n'en a pas besoin pour tomber amoureux.

La course a sa propre entité pour attirer les gens dans la rue et nous garder scotchés à la télévision, nous rappelant que le cyclisme, avant d'être un nom, est une légende et un territoire.

Image : FB Giro d'Italia


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