Cyclisme espagnol : le Giro de Contador est déjà loin
11 ans se sont écoulés depuis le Giro de Contador, le dernier grand événement du cyclisme espagnol
Chaque fois que le Giro d'Italia apparaît au calendrier, le cyclisme espagnol considère cette course comme la dernière grande victoire de l'un des nôtres, Alberto Contador.
Onze ans se sont écoulés depuis cet événement, le dernier grand tour remporté par le cyclisme espagnol.
Cette édition était un recueil de ce qu'était Contador : une pure survie.


On se souvient de la crevaison de Mortirolo, de l'explosion d'un Mikel Landa qui criait pour le passage et de cette étape angoissante de Finestre où la direction ne tenait qu'à un fil.
Contador a remporté son septième majeur en tirant contre un Astana qui, entre la hiérarchie de Fabio Aru et la force réelle de Landa, s'est perdu dans une stratégie diffuse qui a fini par tapisser le succès de Pinto.
Depuis, le cyclisme national a parcouru un désert dont on sentait déjà l’extension alors, mais qui, vu aujourd’hui, semble éternel.
Il est vrai qu'Alejandro Valverde est entré dans la boîte un an plus tard pour ses débuts dans la course rose, et que la Vuelta a España a rattrapé les statistiques avec Enric Mas, mais le vide dans le Giro et le Tour est une plaie ouverte.


Ce n’est pas un manque de volonté ou de paris, c’est une question de réalité concurrentielle.
L'année dernière, sans aller plus loin, Juan Ayuso semblait destiné à franchir le pas, après la première arrivée au sommet, mais ce qui lui est arrivé est désormais la norme dans sa carrière : l'ennemi est apparu dans sa propre maison avec un Isaac del Toro qui a brisé le moule.
Des espoirs ont été placés sur d'autres noms comme Carlos Rodríguez, tandis que l'on voit comment le train Pogacar, Vingegaard et compagnie circule à une vitesse inaccessible.
Gagner ou même monter sur le podium est devenu un sujet extrêmement difficile.
Nous regardons les Français avec une certaine condescendance, en nous rappelant qu'ils n'ont pas gagné de gros prix depuis Jalabert en 1995, mais nous marchons dangereusement vers ces mêmes limbes.
Dans ce scénario apparaît la figure d'Enric Mas.
Le Majorquin affronte ce Giro avec une lecture qui semble finalement intelligente.
Il a décidé de sauter un Tour de France où il finit toujours par croiser des coureurs supérieurs à lui.
En Italie, avec un parcours qui le favorise s'il survit au contre-la-montre des 40 kilomètres et face à une participation qui, pour diverses circonstances, a quitté le podium moins cher que jamais,
Mais il a sa grande opportunité.


Il est temps de cesser d’être une promesse éternelle ou un second coureur de luxe pour continuer à remplir cet espace que le cyclisme espagnol a laissé vide il y a dix ans.
Je ne vois pas gagner, mais le podium… c'est faisable.

