Giro Stars: L'accident de train entre Saronni et Moser

Peu de rivalités ont marqué le Giro comme celle entre Saronni et Moser

L’histoire du cyclisme italien s’écrit avec l’encre invisible des antagonismes qui divisent le pays en deux.

Si Coppi et Bartali ont défini la période d'après-guerre, les années 70 et 80 sont restées sous le joug d'une dictature partagée entre Francesco Moser et Giuseppe Saronni.

Ce n'était pas seulement un marathon, dans des éditions très édulcorées, mais un choc culturel et physique qui a paralysé le Giro d'Italia.

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Moser, le « Sheriff », né à Giovo au milieu des vignes et d'une lignée de cyclistes, représentait une autorité naturelle et une plante athlétique qui, avant de commencer, avait déjà moralement vaincu la moitié du peloton.

Son record de 273 victoires n'est pas qu'un chiffre, c'est le record le plus élevé d'un cycliste transalpin, cimenté depuis ses débuts amateurs où il a déjà touché des médailles aux Jeux Méditerranéens et aux épreuves olympiques avant de faire le grand saut vers le professionnalisme en 1973.

Moser n'était pas un cycliste conventionnel ; C'était un innovateur qui avait compris que l'avenir était dans la technologie.

Son assaut contre le record de l'heure, en le prenant à Eddy Merckx lui-même avec un vélo technologiquement modifié, a marqué un avant et un après.

Cependant, sa carrière a également vécu dans des nuances de gris.

Cette victoire du Giro 1984 face à Laurent Fignon reste entourée d'ombres et de polémiques que le temps n'a pas réussi à dissiper.

Tandis que Moser dirigeait le groupe d'une main de fer, Giuseppe Saronni émergeait de l'autre côté de la tranchée.

Le Piémontais, issu de l'athlétisme et de l'athlétisme, a fait ses débuts en 1977 avec Freddy Maertens à Laiguelia, précisant qu'il n'allait pas être figurant.

Saronni était la précocité incarnée.

À seulement 21 ans, en 1979, il est sacré à Milan comme l'un des plus jeunes vainqueurs de l'histoire du Giro, entamant ainsi une histoire d'amour avec la maglia ciclamino qu'il entretiendra quatre années de suite.

Cette année 1979 fut son année de gloire, reliant Zurich, la Romandie et le Midi Libre.

Son duel contre Moser n'était pas seulement sportif, c'était une question de peau qui divisait les supporters entre la puissance physique du Trentin et la vitesse et la ruse du coureur de Novara.

Moser recherchait le triomphe total par le pouvoir et l’avant-garde ; Saronni a répondu avec le regard fixé sur le championnat du monde qu'il finirait par remporter.

Tous deux ont laissé un héritage de victoires, de Roubaix à Sanremo, mais ils ont surtout laissé une Italie qui, pendant des années, n'a su considérer le cyclisme qu'à travers sa rivalité.


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