Feuilles de Bauke Mollema
Bauke Mollema a été l'un des meilleurs cyclistes de sa génération
Il est laissé par un cycliste que nous aimons bien.
Bauke Mollema personnifie cette lignée de coureurs qui semble avoir vécu plusieurs époques du cyclisme dans un seul corps.
Ce n’est pas seulement qu’il a annoncé sa retraite fin 2026 après dix-neuf saisons dans le peloton professionnel, c’est que sa silhouette représente le pont parfait entre le cyclisme sensationnel et l’explosion technologique actuelle.

Il doit être classé, sans ambiguïté, parmi les meilleurs cyclistes de sa génération, un survivant-né qui a non seulement vécu à son époque, mais a su se réinventer pour affronter la fournée cannibale apparue après la pandémie.
Tandis que d'autres noms de son équipe étaient dilués par l'arrivée de nouveaux talents, Mollema a maintenu son style avec cette résilience qui le caractérise, insensible aux modes et fidèle à un style de compétition compréhensive où l'effort ne se négocie pas.
Son palmarès, même s'il n'est pas le plus étendu si l'on le compare à celui des tyrans de la statistique, dégage un mérite incontestable pour la qualité de ses conquêtes et la manière de les réaliser.
Dans un sport qui récompense souvent le calcul froid, Mollema a toujours laissé la marque de tout donner à chaque coup de pédale, sans économiser une once d'énergie.
Sa victoire dans Il Lombardía reste le grand monument de sa carrière, une ode à l'intelligence tactique dans un scénario où seuls les élus gagnent.
Mais au-delà des vitrines, ce qui définit les Néerlandais, c'est son identité hors des watts.
C'est un cycliste avec une âme, un gars qui a compris que la course traverse des lieux chargés d'histoire.
Inoubliable est cette anecdote de la Vuelta a España où, dans le feu de la compétition, il a été vu s'intéresser au patrimoine culturel de Salamanque, visitant son université comme un autre touriste au lieu de s'enfermer dans la bulle hôtelière.
Cette curiosité intellectuelle, ce respect de l'environnement dans lequel il évolue l'élèvent au-dessus du simple athlète. Un coureur qui a su être compétitif dans deux mondes différents s'en va, laissant le sentiment que, pour lui, le cyclisme a toujours été plus que simplement franchir une ligne d'arrivée avant les autres.
Image: ASO/Bruno Bade




