Wout van Aert : nous voulons, je veux, y croire
La forme semble accompagner Van Aert avant les « majors » du printemps
Ce n’est pas nouveau, nous avons pris l’habitude d’enterrer les idoles à l’avance, peut-être à cause de ce besoin très humain de chercher un soulagement lorsque le présent devient complexe.
Quelque chose de similaire se produit avec Wout van Aert : sa récente carrière a été un carrousel où prédire quelle version nous trouverons sur la ligne de départ est un exercice de foi ou de risque.
On a vu le vainqueur impérial, le coureur gris qui se retrouve anonyme dans le groupe et, malheureusement, le cycliste brisé par les chutes.


Cependant, ce que nous avons vécu dans les champs de Flandre, dans cette course que nous refusons d'appeler autrement que Gand-Wevelgem, nous oblige à freiner le pessimisme.


Il n'est pas nécessaire de regarder le podium pour comprendre que le Belge de Visma continue d'habiter l'écosystème des élus.
Son aventure en duo avec Mathieu van der Poel était bien plus qu'un simple mouvement, elle était en feu.
Le récit officiel disait que le Néerlandais volait seul, mais la réalité du Kemmelberg dictait une phrase différente.
Van der Poel a tout mis en œuvre, a serré la chaîne jusqu'à la limite et a cherché le coup final pour abattre son éternel rival.
Et il ne pouvait pas.
Van Aert a résisté – non sans problèmes – au défi, a réduit l'écart et a montré que, lorsque la route devient raide et que le vent punit, ses jambes conservent toujours le métal des champions.
Pour le spectateur superficiel, le résultat final peut sembler un effort inutile, mais dans le cyclisme de haut niveau, les sensations l'emportent sur les points UCI à la veille des grands monuments.
Alors que pour d’autres l’usure pourrait être un fardeau, pour Wout cette performance est l’injection de confiance nécessaire avant d’affronter le Tour des Flandres et Paris-Roubaix.
Nous ne sommes pas confrontés à un couloir fini ou à une ombre du passé ; Nous sommes face à un cycliste qui a su souffrir en silence pour regarder à nouveau l'ogre du peloton dans les yeux.


Gand-Wevelgem nous a donné l'espoir de voir la meilleure version du Belge sur le pays le plus sacré.
Croire en Van Aert est encore une fois un exercice scientifiquement fondé : sa résistance au moment critique est la meilleure garantie pour penser que le meilleur est à venir.
Image : ASO/Pauline Ballet







