Que fait Paul Seixas de mal ?

L'arôme que dégage Paul Seixas est exclusif aux plus grands

L'Itzulia qui vient de couronner Paul Seixas a peut-être été, presque sans s'en rendre compte au moment où elle se déroulait, un chapitre épais de l'histoire de ce sport.

Voir un cycliste qui n'aura pas vingt ans avant septembre dominer ainsi une course du World Tour est quelque chose qui mérite d'être enregistré.

On savait que sa précocité était là, c'était quelque chose annoncé dans la rumeur, mais la façon dont les progrès sont capturés sur l'asphalte est ce qui nous étonne vraiment et nous laisse sans voix.

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Cela a été une Itzulia ronde, une carrière qui a tout eu et où le Français a tout bien fait, sans fissures.

Le coup d'État a commencé lors du premier contre-la-montre, un exercice brutal où il a éloigné ses rivaux à une distance qui, déjà à l'époque, sonnait comme une demi-phrase.

Ce parcours combinait des montées explosives, des descentes techniques et des tronçons de pure ride, et dans chacun d'eux, Seixas s'est démarqué de ses adversaires sans aucune trace de pitié.

C'était le premier avertissement de ce qui allait arriver.

Puis est arrivé Aralar et cette attaque à plus de six kilomètres du sommet qui a brisé la logique de la course.

Personne n'a essayé de le suivre.

Il transmet les mêmes sensations que dégage habituellement Tadej Pogacar, et ce n’est pas une comparaison gratuite ni recherchée par le titre facile, c’est simplement la réalité tangible de ce que nous avons vu en direct.

Le type était joué avec des noms de l'entité de Lipowitz, Roglic, Izagirre ou Uijtdebroecks, coureurs aux mille batailles, et les faisait ressembler à des troupes.

Après la montée vers Aralar est venue la descente et c'était un délice visuel ; Quel merveilleux tracé, prenant juste ce qu'il faut de risques mais avec la confiance nécessaire pour gagner des mètres et des secondes dans chaque virage, traçant les trajectoires comme s'il connaissait chaque centimètre de la route.

Au stade reine d'Eibar, il a mis un cran de plus dans le revolver.

Il est parti avec Lipowitz et l'Allemand, malgré tous ses efforts, n'a pas réussi à le lâcher.

Finalement, Seixas l'a battu au cœur de la cité-armurerie. C'est un coureur qui ne pardonne pas et ne partage pas les victoires, il ne négocie pas le succès, il exécute simplement et c'est tout.

A noter également qu'il a été impeccablement entouré par une équipe Decathlon qui l'accompagne et ne s'affronte pas du tout, confirmant que l'équipe de France est déjà une option solide et gagnante.

Désormais les Ardennes apparaissent à l'horizon, une nouvelle traversée avec Pogacar qui promet des étincelles.

Le problème sera la pression ; La demande de le voir sur le Tour va désormais être insupportable, même au risque de nuire à son épanouissement naturel.

Nous verrons si la raison prévaut ou si la soif de gloire immédiate finit par accélérer les processus d'un talent qui semble n'avoir aucun plafond.

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