Mauro Schmid sur le Tour : Plus que mérité
Une étape enflammée pour couronner Mauro Schmid sur le Tour
Entre Dole et Belfort s'étendent 205 kilomètres qui ont donné lieu à une de ces batailles sauvages que seul le Tour de France est capable d'éclairer.
Ce fut un cauchemar dès le début, avec en toile de fond la lutte pour le maillot vert et une course-poursuite angoissante entre une cinquantaine de gars qui dura plus d'une centaine de kilomètres courus à balles réelles.
C'est suffisant pour Mads Pedersen et le gâteau de départ, s'il avait été attentif il aurait évité cette chaleur.


Une exposition scénique totale, expédiée en seulement quatre heures pour un tel kilométrage.
Le peloton a dûment honoré le Ballon d'Alsace, ce sommet mythique qui revendique sa place de première ascension de l'histoire du tour français.
Dans ce scénario, parmi les géants des Vosges, surgit la figure de Mauro Schmid, un cycliste qui me fascine puisqu'il brillait dans les catégories inférieures.


Nous avons déjà vu le Suisse sous mille coupes, entrant toujours dans le chiffon et apprenant de chaque circonstance, un parcours et une insistance où réside peut-être la véritable clé pour qu'il finisse par gagner sur la plus grande scène.
Depuis cette fameuse étape qu'il a réalisée dans le Giro d'Italia sur les terres de Montalcino, le jour où Egan Bernal a sorti Remco Evenepoel du point et de la course, Schmid a montré qu'il était un adversaire clair de la victoire dans n'importe quel événement majeur, un coureur avec l'instinct nécessaire pour ces places.
Schmid ne gagnera jamais un tour en étapes, ce n'est pas ce genre de pilote, mais il a le don et le moteur pour faire le grand écart dans les grandes épreuves.
L'année dernière, Jonas Abrahamsen l'avait laissé sans récompense le jour de la chute de Tadej Pogačar, mais cette fois, le Suisse ne lui a pas pardonné.
Il est sorti vivant d'une évasion de haut niveau, une évasion au cachet indéniable du Tour, pleine de noms illustres et avec des sprinteurs impliqués dans leurs propres problèmes.
Schmid a été le persil à mille sauces et cette fois, cette décision l'a aidé à faire ses débuts sur le Tour de France.


Ce triomphe rachète d'ailleurs Jayco, une structure venue de l'autre bout du monde qui hérite de l'ADN de cet Orica tant manqué, un bloc qui s'est toujours distingué par sa fine tactique et ses excellents résultats. Je me souviens parfaitement de l'époque où Schmid faisait la une de l'actualité pour le salaire qu'il allait gagner, ou gagnait déjà : plus d'un million d'euros.
Un chiffre qui pour de nombreux analystes était exagéré et un symptôme évident de l'inflation alarmante des salaires de l'équipe actuelle.


Il est très possible que la bulle existe, mais au moins ce coureur porte le numéro, justifie l'investissement et fait profiter le fan comme le font les grands noms de ce sport.
Que la bulle profite à de telles personnes est déjà une bonne chose pour nous.


