Le cyclisme professionnel aux pieds d’argile
Tout n’est pas or dans le cyclisme professionnel
On se laisse souvent éblouir par l'éclat du carbone, les vitesses moyennes impossibles et le caractère épique des grands tours, mais la réalité qui sous-tend le cyclisme est complexe.
Nous lisons que la récente réponse de l'Alliance des Cyclistes à l'UCI n'est pas seulement une plainte syndicale, c'est un avertissement d'incendie dans une structure qui menace de s'effondrer depuis des décennies.
On nous vend un âge d'or, une mondialisation du cyclisme censée professionnaliser tous les recoins du peloton, mais la mise en garde de l'alliance féminine met le doigt sur le point sensible d'une blessure qui ne finit jamais par se refermer : le sport est encore bâti sur des fondations extrêmement fragiles.


Il est curieux de voir à quel point l'UCI est fière de ses réformes alors que ceux qui pédalent dénoncent une précarité qui semble inappropriée pour un sport d'élite au 21e siècle.


La TCA a été catégorique en soulignant que le cyclisme professionnel est en danger si la durabilité économique et la protection des actifs les plus précieux de cette entreprise, qui ne sont autres que les cyclistes eux-mêmes, ne sont pas abordées à la racine.
Alors que les instances officielles se perdent dans la bureaucratie et les protocoles devant la tribune, l'écart entre le cyclisme à deux vitesses se creuse.
Nous ne parlons pas seulement de salaires, mais aussi d'un manque de protection juridique et du travail qui laisse de nombreux coureurs sur le carreau dès le premier revers d'un sponsor ou d'une blessure.
La critique est un miroir dans lequel le cyclisme masculin devrait également se regarder, même s'il préfère souvent ignorer le reflet.
Le modèle économique, basé presque exclusivement sur le mécénat volatile de marques qui existent aujourd’hui et disparaîtront demain, est un anachronisme qui nous différencie négativement des autres disciplines.
Si l’UCI estime qu’en ajoutant des courses au calendrier ou en renforçant les règles de sécurité, elle modernise le sport, elle a complètement tort.
La durabilité n'est pas un mot pour remplir les rapports RCS ; C'est la capacité de faire en sorte qu'une équipe ne disparaisse pas au gré d'un PDG ou qu'un cycliste ne voie pas sa vie écourtée faute de véritables caisses de sécurité sociale.


L’avertissement est sur la table : soit les fondations doivent être rénovées, soit le bâtiment, aussi haut soit-il, finira par s’effondrer à cause de l’indifférence de ceux qui auraient dû le soutenir depuis longtemps.

