Giro : Et si Evenepoel participait au contre-la-montre que participe Ganna ?

Le coup porté par Ganna lors du contre-la-montre du Giro soulève des questions sur ce qui serait arrivé à Evenepoel au départ

La performance de Filippo Ganna dans le contre-la-montre du Giro d'Italia a été un monument du cyclisme traditionnel, une course de quarante kilomètres à des vitesses record qui a laissé le sentiment que l'Italien était en compétition contre lui-même et contre personne d'autre.

Seul son compagnon Thymen Arensman parvenait à percevoir son sillage, bien qu'à distance sidérale. Cela faisait bien longtemps qu'on n'avait pas vu des différences aussi abyssales, de celles qui obligent à utiliser une calculatrice et à réécrire les cartes d'une course en une seule après-midi.

C'est un rappel brutal de ce que cette discipline est capable de bousculer dans le cyclisme moderne.

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Cependant, le coup de vent de Ganna ouvre immédiatement un inévitable débat sur ce qui aurait pu être et ce qui n'a pas été, incarné dans la figure de Remco Evenepoel.

Le Belge a démontré depuis longtemps qu'il a surpassé les performances de l'Italien dans l'effort individuel, avec la différence dévastatrice qu'il participe aux classements généraux et monte sur les podiums des grands tours.

La présence d’Evenepoel sur un tel parcours aurait provoqué un véritable pillage du tableau, un bouleversement aux conséquences imprévisibles.

Il est bien connu que Remco n'offre pas toujours le maximum de garanties lorsque la route devient extrêmement raide en haute montagne, mais avec un tel kilométrage contre la montre, la destruction au classement général aurait obligé le reste des favoris à inventer quelque chose sur les sommets pour tenter de vaincre.

Cette étape du Giro met le doigt sur le point sensible de la conception du cyclisme actuel, démontrant la nécessité urgente de récupérer les contre-la-montre longs et traditionnels comme une modalité respectée et avec le poids qu'elle mérite.

En observant aujourd'hui les coureurs de l'entité Jonas Vingegaard, Felix Gall, Giulio Pellizzari ou Arensman lui-même, on se rend compte que nous avons trop de doigts sur une main pour compter combien d'épreuves de cette exigence et de cette durée ils ont disputées au cours de leur carrière professionnelle.

Il n’est pas raisonnable de maintenir un cyclisme aussi déséquilibré au profit d’un seul terrain, et cette journée l’a plus que démontré.

Mais dernier paradoxe, même face à un défi d'une telle ampleur, le plus fort continue de trouver sa place, puisque Jonas Vingegaard a clairement fait savoir que son règne au classement général restait inchangé, même sans écrasant.

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