Enric Mas sauve le premier ballon de match de la Vuelta
Après mille conjectures, Enric Mas affronte la défense de son leadership sur la Vuelta avec une minute et demie
Le contre-la-montre est passé, « le bug » comme dirait Javier Ares, et Enric Mas n'en sort pas plus fort, avec l'objectif de remporter la Vuelta le suivant sort.
Une demi-minute perdue pour Roglic – à raison d'une seconde au kilomètre – et une bouchée importante pour Gall.
Le score est rond et les bonnes sensations accumulées se transfèrent sur l'asphalte.


Les propos précédents de Primoz Roglic essayant de semer le doute, de rappeler ses galons ou de remettre en question la performance des Baléares contre la montre n'ont servi à rien.
La route entre El Puerto de Santa María et Jerez de la Frontera a mis tout le monde à sa place, confirmant le niveau dont Enric fait preuve depuis qu'il porte du rouge.
C'est une excellente nouvelle, un matelas idéal pour affronter le triptyque montagneux final avec un autre corps.
Roglic maintient son style par la classe pure, par cette corde qui ne semble jamais se briser.
Patxi Vila dit que le Slovène a réalisé une belle étape, mais je ne suis pas entièrement d'accord. Roglic est capable de bien plus, c'est juste que les années et les chutes précédentes pèsent.
La cinquième Vuelta n'est pas entre ses mains car il a devant lui la version la plus solide d'Enric Mas par rapport à ses rivaux.




Le Majorquin savait que le nœud de la course était ici.
Il a joué au niveau de cette Vuelta en 2018, lorsqu'il a fait irruption en se montrant comme un cycliste solvable dans le contre-la-montre, une facette avec laquelle il s'est ensuite étouffé vêtu de bleu.
Il doit être très mauvais pour ne pas finir sur le podium ou ne pas se battre pour la victoire.
Je suis content pour lui, mais attention : Roglic est un coureur imprévisible capable de tenter la chance de loin sans rien à perdre, et des gens comme Carapaz ou Gall ajouteront au chaos si l'occasion se présente.
Si pour Enric Mas affronter ces jours est une épreuve définitive, pour Movistar c'est directement un rendez-vous avec le destin.


Gagner le général mettrait enfin fin à une séquence grise trop longue, cette même dynamique qui a si bien été décrite dans leurs propres documentaires.
Les enjeux ne sont pas faibles.

