C'était un plaisir, Julian Alaphilippe
Le cyclisme qui nous est venu après le Covid était de trop pour Julian Alaphilippe
La retraite de Julian Alaphilippe à 34 ans n'est pas seulement l'adieu d'un coureur charismatique ; C'est le symptôme définitif de la fin d'une époque.
Avec leur départ s'efface l'empreinte d'une génération, celle des Landa, Quintana ou Yates, qui ont connu le cyclisme avant la transformation radicale qui s'est accélérée après la pandémie.
Ce cyclisme le plus instinctif a cédé la place à deux voies imparables : la science qui surveille chaque watt et la voracité de monstres comme Pogacar ou Van Aert, des coureurs qui ne laissent même pas des miettes derrière eux.


Alaphilippe était absent des couvertures depuis quelques temps.
Prendre sa retraite maintenant est un acte d'honnêteté envers lui-même et envers son équipe, où il aurait pu continuer à vivre des revenus de son nom.
Il reste un cycliste polyvalent qui a réalisé exactement ce qu'il pouvait réaliser, ni plus ni moins.
Il repart avec une carrière fructueuse et des moments inoubliables qui le placent comme l'un des noms dominants de son époque.




Trois épisodes résument son impact.
D'abord, le printemps 2019, où il a remporté tout ce qu'il a disputé avec une solvabilité étonnante, de San Remo aux Strade Bianche, en passant par un sprint à Tirreno.
Deuxièmement, Flandre 2020, exhortant Van Aert et Van der Poel côte à côte jusqu'à la chute fatidique avec la moto.
Et troisièmement, sa victoire sur le Giro il y a quelques années, complétant le triplet d'étapes dans les grandes après une évasion mémorable avec Pelayo Sánchez pour terminer quelques jours plus tard.
Détesté par certains et admiré par beaucoup, Alaphilippe a toujours proposé du bon cyclisme.
C'était un gars programmé pour attaquer, ne jamais apparaître ni talonner.
Est-ce qu'il a fait des crises ? Oui, mais aussi bien d’autres bons.
Sa silhouette reste liée à l'histoire du cyclisme français comme l'homme qui a été le plus proche du maillot jaune de Paris ces derniers temps, une étape aussi grande que peu connue.


Sans Alaphilippe, le peloton perd du sel, du poivre et cette étincelle imprévisible à chaque course.
Le temps qui passe ne pardonne pas.

