C'est bon de revoir Michael Valgren

Le calvaire de Michael Vlagren en valait la peine

La semaine Tirreno-Adriatico nous a ramené à Michael Valgren franchissant la ligne d'arrivée en première place, après une balade partagée avec Julian Alaphilippe.

C'est un voyage direct vers ce cyclisme de 2018 et 2019, une époque pré-pandémique où tous deux dictaient les lois des classiques et où le monde semblait être à leurs pieds.

L'image de deux colosses à la recherche de la gloire perdue sur les routes italiennes n'était pas seulement une escapade sportive, mais un acte de rébellion de deux coureurs qui refusent de se laisser dévorer par le changement de génération et les cicatrices de l'asphalte.

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Le cas de Valgren est peut-être l'un des plus grossiers et en même temps plein d'espoir que le peloton ait donné naissance au cours des cinq dernières années.

Nous ne parlons pas d’un cycliste qui a baissé son niveau par paresse, mais d’un homme qui a dû regarder vers le gouffre après sa très grave chute sur la Route du Sud 2022.

Cet accident lui a non seulement brisé le bassin et le ligament croisé ; Cela a brisé sa trajectoire au moment même où il essayait de se retrouver.

Passer de la victoire du Het Nieuwsblad et de l'Amstel Gold Race à devoir repartir de zéro dans l'équipe continentale EF, entouré de jeunes qui pourraient être vos jeunes frères, est un exercice d'humilité que très peu de champions sont prêts à se soumettre.

Valgren l'a fait sans élever la voix, acceptant que le chemin du retour vers le World Tour se faisait dans la boue et dans la patience.

Nous l'avons rencontré il y a quelques annéesavant tout ce qui s'est passé, et lui parler transmet la sérénité qui lui a sûrement servi lors de ce voyage de retour.

Michael garde toujours ce visage enfantin qui trompe à première vue, mais ses paroles dégagent une paix profonde, celle de quelqu'un qui a compris que ce sport est aussi dur qu'éphémère.

Vivant loin de chez lui, pleinement conscient des sacrifices et de la fragilité de son métier, sa victoire à Tirreno est la fermeture d'un cercle de souffrance.

Nous sommes très heureux pour lui.

Ce n’est pas une étape gagnée par la puissance brute contre les jeunes loups actuels, mais par l’habileté et le cœur de quelqu’un qui sait ce qu’il en coûte pour revenir de l’enfer.

Cette résurrection de Valgren, aux côtés d'un Alaphilippe qui cherche lui aussi sa place dans ce nouveau cyclisme des watts impossibles, rappelle pourquoi nous en sommes devenus accros.

Dans un sport qui ressemble parfois à une feuille de calcul, l'histoire de Michael se décompose en larmes car il sait que chaque coup de pédale après la blessure a été un triomphe.

Mo a eu l’impact d’Egan Bernal, mais chacun de ces types sait ce qui se cache derrière chaque étape.

Valgren est de retour, et il l'a fait avec la sérénité de quelqu'un qui n'a plus rien à prouver, mais qui sent qu'il a encore beaucoup à dire.

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