Contre-la-montre mondial : celui d'Evenepoel est légendaire
Evenepoel sera le meilleur de tous les temps au contre-la-montre mondial
Dire qu'il s'agit du meilleur virage de l'histoire est très tentant à l'heure actuelle, alors qu'il vient de remporter sa quatrième Coupe du monde consécutive, mais il n'est pas conseillé de se précipiter.
Il y a quatre titres pour Remco Evenepoel, les mêmes qui figurent dans les réalisations de Tony Martin et Fabian Cancellara au sein d'une catégorie qui, il ne faut pas l'oublier, ne tient son épreuve sans restriction que depuis cette édition de 1994 en Sicile.
En tout cas, la réalité ne laisse aucun doute : si d'autres paramètres règnent en montagne, sur la chèvre Evenepoel se comporte comme le véritable tyran de la spécialité, un engin parfait capable de soutenir des croisières à plus de 52 kilomètres par heure année après année avec une solidité étonnante.


Il gagne toujours en poussant avec des marges similaires, peu importe qui se retrouve à la croisée des chemins, précisant que les options d'un pur spécialiste comme Filippo Ganna sont réduites à néant dès que le Belge enfile le numéro.




L’essentiel ne réside pas uniquement dans la victoire, mais dans la suffisance écrasante avec laquelle elle marque le terrain.
Il affiche une conduite vertigineuse, couplée au millimètre dès le premier mètre, fluide, sans perdre un iota de cette élégance qui dans son cas se traduit directement en watts et en vitesse pure.
Il doit se mesurer à d'authentiques géants de la plaine comme Ganna lui-même, Van Aert, lorsqu'il a touché à la gloire olympique ou encore Küng, et il les laisse systématiquement tous hors combat.
L'évolution sur le vélo est incontestable : il trace les courbes avec une précision millimétrique, accélère le sommet juste comme il le faut et revient instantanément sur l'accélérateur sans casser le rythme de traction.
Les moments où sa technique dans les zones clouées était remise en question ont été dépassés grâce à une progression vorace.
Il maintient, bien sûr, ce point de viscéralité enfantine lorsque la course tourne mal ou que la frustration prend le dessus sur lui, mais sa maîtrise de la machine frise l'art et nous donne envie de le voir réaliser des contre-la-montre encore plus longs.


Avec le premier maillot en poche, il vise le doublé sur l'épreuve de fond, une envie qu'il n'a jamais cachée.
La course sur route obéit à d'autres dynamiques, la tactique pèse plus et le contrôle est plus complexe, mais il ne faut pas perdre de vue une maxime fondamentale : alors que la foule lui accorde deux mètres de marge, l'image suivante sera celle de Remco levant les bras sur la ligne d'arrivée pour célébrer son deuxième arc-en-ciel consécutif.









