Primoz Roglic a couru la Vuelta contre tout et contre tout le monde

Cette Vuelta est le énième exercice d'endurance de Roglic

Primož Roglič a pu battre tout et tout le monde sauf Enric Mas, c'est la certitude indiscutable qui laisse la Vuelta a España à peine terminée.

Dans un peloton où se trouvent de nombreux coureurs doués d'un talent naturel prodigieux ou d'un génie explosif, le Slovène se démarque par une qualité bien plus terrestre : une résilience sans égal.

Lorsque la chance lui tourne le dos et le brise intérieurement, il sort intact des restes de sa propre fierté.

CCMM ValenceCCMM Valence

C'est là sa carrière fétiche, le terrain où sa figure acquiert la dimension de légende.

Au fil des années et en observant sa progression, il est difficile de l'imaginer remporter cette cinquième victoire absolue pour briser l'égalité avec Roberto Heras, une étape que l'organisation elle-même voudrait rafraîchir son livre d'or, mais personne ne peut lui enlever son statut de mythe vivant du cyclisme.

L’édition 2026 a débuté pour lui comme un véritable combat contre les éléments.

Son objectif en début de saison était clair : devenir le cycliste le plus titré de l’histoire de l’épreuve.

Cependant, les revers n’ont pas tardé à apparaître.

Il y a d'abord eu l'annonce de son compatriote Tadej Pogacar confirmant sa présence sur la ligne de départ, un rival avec lequel il entretient de bonnes relations en dehors de la route, mais dont il préfère se tenir à l'écart en compétition.

Peu de temps après, une chute inopportune interrompit ses plans de préparation, l'obligeant à ajuster angoisséement les délais.

Ce que nous avons vu au cours des trois semaines qui ont suivi le départ à Monaco était un nouvel exercice d'évasion et de jonglerie auquel nous sommes habitués.

Roglič a couru de manière défensive, encaissant les coups du parcours et poursuivant à tout moment sans pouvoir prendre l'initiative.

Avec son état de forme diminué par les circonstances et avec Enric Mas imperturbable sans laisser la moindre option, le Slovène a également dû composer avec un blocage pratiquement invisible.

Les propos de son directeur Patxi Vila ont été surprenants, qualifiant d'excellente sa performance lors du contre-la-montre final, un effort qui n'a servi qu'à assurer la deuxième place en raison de l'échec de Félix Gall.

Il est difficile de comprendre ce qu'ils considèrent comme excellent dans leur structure, surtout si l'on compare l'étalon avec les exigences qui entourent des personnalités comme Remco Evenepoel.

L’avenir nous dira s’il lui reste l’énergie d’une cinquième victoire, même si cette envie se heurte de plein fouet au passage inéluctable du temps.

A lire également