Les portes que Pogacar a fermées à Van der Poel

Pogacar n'offre même pas de contre-la-montre à Van der Poel
Regardons en face un truisme dévastateur : dans un classement général de moins de onze heures, Tadej Pogacar compte plus de quatre minutes d'avance sur Richard Carapaz.
C’est la réalité du cyclisme d’aujourd’hui, la différence marquée qui sépare le meilleur coureur de la planète du reste d’entre nous, mortels.


Cependant, à des occasions bien précises, il arrive que le Slovène retrouve des rivaux qui lui font de l'ombre.
Cette fois, c'était encore Mathieu van der Poel, le seul capable d'empêcher Pogačar d'ajouter une victoire de plus à son interminable palmarès dans une discipline, le contre-la-montre, dans laquelle l'Émirien ne se promène pas à l'excès et qu'il réserve habituellement pour étayer ses victoires au classement général.
Au final, la pièce n’a chuté du côté slovène que de 32 centièmes.
Ce fut une victoire déchirante, où la technique finale raffinée de Van der Poel fut presque décisive pour vaincre le Slovène.
Mais que personne ne s’y trompe : Pogacar ne pardonne personne.
Vêtu de son sweat-shirt jaune, il ne voulait pas rater l'occasion, il n'hésite pas, quoi qu'on dise lui échappe.
Demain, lorsqu'il certifiera la victoire au classement général de ce Tour de Suisse, il ajoutera sa 120e victoire en tant que professionnel.
Le double, exactement, d'un Van der Poel qui reste à 60 ans.


La voracité de Pogacar ne connaît aucune limite et ne respecte aucun territoire.
Cela a déjà empêché Van der Poel de renouveler la couronne de Roubaix, d'être le meilleur cycliste des Flandres ou de parvenir à conserver le sceptre à San Remo.
Non content de le défier pour les monuments du pavé et du ressort, le Slovène ferme désormais la porte même en contre-la-montre, une modalité dans laquelle le Néerlandais n'a jamais gagné et que dans ce Tour de Suisse il a été sur le point de conquérir.
Il est vraiment curieux qu'une course comme la Suisse, si déclassée dans cette édition, si décimée, avec tant de problèmes et tant de doutes sur sa viabilité future, abrite l'éclat de deux des meilleurs cyclistes du monde.


Tous deux offrent un grand spectacle dans un parcours qui, en revanche, n’a pu faire que peu ou rien face à la tyrannie absolue et à la suprématie d’un Tadej Pogačar intraitable.






