Movistar apprend l'art de l'évasion
Le succès de Movistar vient du fait de prendre une bonne escapade
Trois échappées jusqu'à présent dans la course : Raúl García Pierna à nouveau dans le cut qui a marqué la journée du Tour Auvergne-Rhône-Alpes montre que l'équipe Movistar a définitivement changé de peau.
Hier, il y avait 100 kilomètres d'avant-garde, ce qui s'ajoute aux 215 de la deuxième étape et aux 84 de la journée d'ouverture.
Ce n’est pas une séquence fortuite ; C'est la confirmation que la structure téléphonique, en supposant que les grands résultats au classement général ne tombent plus en raison de la maturité comme par le passé, est lentement devenue un apprenti à créer, gérer et réaliser des évasions.


L’art de l’évasion ne s’improvise cependant pas en un hiver.
Cela nécessite de la pratique, de cultiver des formes, de perfectionner son instinct et de gagner le respect du peloton.
Hier, Movistar a encore agi avec sagesse, plaçant deux hommes dans le montage final qui allait finalement couronner l'Américain Quinn Simmons.
L'œuvre finale de Jaime Castrillo, gardant vivante une aventure qui semblait vouée à l'échec, est un exemple vivant qu'il faut reconnaître à cette équipe pour se vider sans réserve.
Avec un effectif profondément renouvelé au cours des trois ou quatre dernières années, l'équipe espagnole est devenue un habitué des échappées, un habitat qu'elle fréquentait peu auparavant.
Cette métamorphose répond à une lecture réaliste de sa hiérarchie actuelle.
L'équipe est consciente que son leader théorique, Enric Mas, n'atteindra probablement pas beaucoup plus haut que ce qu'il a déjà réalisé dans sa carrière, et que le butin passe désormais par des étapes de chasse comme cela a déjà été tenté lors du dernier Giro d'Italia.
Dans le même temps, le nouveau pari, le Belge Cian Uijtdebroeks, reste en tête dans la lutte mais sans l'éclat différentiel qu'il promettait il y a quelques saisons.
Face à ce panorama, le bloc apprend vite la finesse de l'évasion, un savoir-faire qui dans ce Dauphiné est maîtrisé à la perfection par des structures comme l'EF Education-EasyPost ou l'Uno-X, véritables spécialistes de la pêche en rivières troubles.


C'est une autre façon de courir, une philosophie qu'ils ont déjà pleinement assumée en Italie et qu'ils continueront sûrement lors du prochain Tour de France.
Lors de la manche française, ledit Uijtdebroeks se contentera peut-être de figurer dans le top dix, et l'aide qu'il recevra de ses coéquipiers sera importante mais pas décisive pour l'objectif.
Les équipes doivent aussi manger et engraisser le casier.
Pendant des décennies, Movistar visait exclusivement le classement général et les places d'honneur sur le podium.
Il n'y a pas si longtemps, quatre ou cinq ans seulement, mais la réalité actuelle est tenace : si l'on veut que son palmarès brille, il faut se mettre dans la boue des coupures quotidiennes.
L'équipe a déjà accumulé une année de sécheresse sans lever les bras sur le calendrier du World Tour, puisqu'Iván Romeo l'a réalisé précisément dans cette même course.


Une lourde statistique qui dicte les urgences d’un bloc qui cherchera à apaiser son besoin de victoire dans les jours qui restent.

