Que serait devenu Andy Schleck dans une autre vie ?
Peu de cyclistes possédaient la matière première d'Andy Schleck
Le Tour de France 2010 dort sur le palmarès d'Andy Schleck par voie administrative, un succès rebond après le résultat positif d'Alberto Contador qui, avec son exhibition à Liège-Bastogne-Liège, constitue le plafond d'un cycliste qui fête aujourd'hui ses 41 ans, loin de la finesse de ses jours de gloire.
Ce grimpeur élancé et avant-gardiste, qui s'est imposé avec le titre blanc de meilleur jeune homme du Giro d'Italia, incarnait la matière première pure et le poids d'un patronyme illustre.
Il avait le talent naturel et un physique privilégié pour marquer une époque, mais il a toujours laissé le sentiment persistant d'être laissé à mi-chemin, victime d'une vision tactique limitée et d'une obsession alarmante de concentrer toute son existence sur le mois de juillet.


Sa rivalité avec Contador, que beaucoup prédisaient comme le duel générationnel du cyclisme moderne, s'est diluée en quelques saisons seulement.
Rien à voir avec le pouls contemporain de Tadej Pogačar et Jonas Vingegaard, qui enchaînent déjà plus de cinq années de tensions et d'alternances au sommet.
Le parcours du Luxembourgeois dessine au millimètre près la crudité d'un sport qui vous donne et vous enlève tout en un clin d'œil, une discipline sans compassion ni pitié où les noms et les éloges durent comme un souffle si le travail, la rigueur et le bon travail ne sont pas démontrés au quotidien.


Aujourd'hui, coup du sort qui met à l'épreuve sa maturité exécutive, son rôle au sein de l'équipe a radicalement changé après la restructuration interne de Lidl-Trek provoquée par l'entrée de la multinationale allemande dans l'actionnariat.
Dans ce nouvel organigramme, Andy Schleck assume les fonctions de nouveau directeur exécutif (CEO) de l'équipe, partageant la direction avec Grischa Niermann en tant que directeur général et avec son propre frère, Frank Schleck, situé à la tête de la structure féminine de l'équipe.


Les coureurs de Lidl qui ignorent son parcours feraient bien de revoir ses états de service ou, mieux encore, de s'asseoir et de l'écouter.
Son expérience est un exemple vivant de la façon dont le génie, sans une extrême cohérence, dévore les attentes du peloton professionnel, même si c'est désormais lui qui doit exiger cette rigueur des bureaux.

