Twist : Sur le casque de Félix Gall

Le confort recherché par Felix Gall sans la visière du casque annule l'aérodynamisme

Hier, le passage de Félix Gall sur la ligne d'arrivée du contre-la-montre du Giro d'Italia nous a laissé une de ces images qui brisent les schémas de modernité dans lesquels nous vivons, un peu comme lorsqu'on a vu Roglic dans ce fameux contre-la-montre du Tour 2020.

Voir l'Autrichien se battre avec un casque conçu en forme millimétrique pour fixer une visière aérodynamique, mais avec le visage couvert par des lunettes conventionnelles, aboutissait à une esthétique choquante qui était loin d'être la meilleure option.

Ce n'était pas l'image la plus appropriée pour les marques qui le sponsorisent, mais, au-delà du coût commercial, s'est ajouté un facteur purement technique : l'effet aérodynamique a été annulé, s'éloignant ainsi de la fonction originale de ces casques que la marque Specialized a rendus si à la mode il y a quelques saisons.

CCMM ValenceCCMM Valence

On comprend que Félix Gall veuille privilégier le confort par rapport à ce que dit la soufflerie, et c'est ce que le coureur lui-même a défendu lorsqu'il a déclaré que la visibilité et le bien-être étaient supérieurs sans l'écran intégré.

Le débat qui surgit immédiatement en observant sa silhouette face au chronomètre nous amène à une question importante dans le cyclisme actuel : dans les disciplines du contre-la-montre, où chaque millième se mesure en watts économisés, faut-il privilégier le confort ou l'aérodynamisme pur ?

La tendance actuelle sur la voie conventionnelle nous a déjà montré que la voie de la performance s'est fortement tournée vers le confort.

On le voit quotidiennement dans le choix des pneus, où sont imposées des largeurs plus grandes et des pressions nettement inférieures à celles d'antan, lorsque la règle gravée imposait de gonfler les boyaux à la capacité maximale de la pompe avec la conviction que plus ils sont durs, mieux ils roulent.

Aujourd'hui, nous savons que la performance réelle est intrinsèquement valorisée dans les effets de confort, en supposant que si le cycliste se déplace plus confortablement et absorbe mieux les irrégularités, il finit par être bien plus performant à long terme.

Cependant, lorsque la résistance de l'air devient l'ennemi absolu, la décision d'abandonner la visière au profit de lunettes classiques rappelle que, malgré les calculs de laboratoire, le facteur humain et les sensations individuelles l'emportent parfois sur le vélo, même si l'esthétique et le gain marginal en pâtissent.


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