Les pierres dans la chaussure de Tadej Pogacar

C'est à quel point il est important que Tadej Pogacar gagne encore

Quand on s'arrête devant le journal et regarde le palmarès de Tadej Pogačar, on a l'impression d'avoir devant les yeux un palmarès qui n'appartient pas à cette époque, mais à une époque en noir et blanc où les mythes ont tout dévoré sur leur passage.

Même les affiches des fêtes locales.

Cependant, au milieu de l'année 2026, alors que le Slovène est devenu une sorte de divinité qui a normalisé l'impossible, la question de savoir ce qu'il lui reste à gagner commence à se rétrécir d'une manière presque angoissante pour ses rivaux.

CCMM ValenceCCMM Valence

Parce que Tadej, en réalité, ne manque plus de courses, il lui faut compléter la carte d'un top 2 de l'histoire.

Si l’on regarde l’état des lieux de l’attente, la pièce qui brille le plus par son absence est Paris-Roubaix.

C'est le dernier grand monument qui lui résiste, ce récit en suspens au pavé le plus austère.

Nous avons vu les Slovènes dompter les murs des Flandres, franchir la clôture de San Remo et dévaster Liège et la Lombardie, mais l'Enfer du Nord est une autre histoire ; C'est une course qui demande une physionomie et une chance qui, jusqu'à présent, n'ont pas eu lieu et il n'en a pas été ainsi parce que Mathieu van der Poel et Wout van Aert n'y ont pas consenti.

Gagner au vélodrome de Roubaix ne serait pas une victoire comme les autres, ce serait le sceau définitif d'un cycliste qui ne comprend pas le terrain.

Puis apparaît la Vuelta a España.

Il est curieux qu'un coureur qui a présenté le Tour et le Giro avec suffisance n'ait cette participation qu'en 2019 où, étant imberbe, il nous avait déjà prévenu de ce qui allait arriver.

Compléter la trilogie des grands tours est un objectif de pure rigueur historique dans lequel Vingegaard peut certainement le dépasser.

Dans le cyclisme moderne, où les efforts se mesurent au millimètre près, Pogacar semble le seul capable de défier la logique de la forme maximale pour prétendre à son trône à Madrid.

Si l'année prochaine vous voulez faire partie des trois grands, comment l'objectif de Roubaix s'y intégrerait-il ?

Au-delà des trois semaines de routes et des pierres françaises, reste la question des Jeux olympiques.

Cette médaille d'or qui lui a échappé à Tokyo et qui continue d'être une épine dans sa fierté de compétiteur.

Il n'était pas à Paris par pure et simple méchanceté de ne pas avoir choisi sa petite amie, et maintenant il a cette affaire inachevée.

Mais Tadej court pour le plaisir de gagner, mais aussi pour le poids des symboles, et le maillot arc-en-ciel – qu'il a déjà porté avec le naturel d'un pyjama – réclame d'être complété par le métal doré.

Bref, Pogacar ne manque ni de talent ni de jambes, il lui manque simplement le temps de rayer les quelques noms qu'il n'a pas encore soumis à sa volonté.

Ce ne sera pas dû à l'âge… il y a de la place.

A lire également