WTW sur Ineos : De quoi célébrer mais…

Les valeurs d'Ineos pour attirer WTW : Résilience, gestion des risques et vision à long terme

La nouvelle de l'arrivée de WTW dans la structure Ineos fait ressortir les couleurs du cyclisme comme vitrine d'un magnétisme irréfutable pour les grandes marques mondiales.

Qu'un cabinet de conseil et de courtage d'assurance de ce calibre, coté au NASDAQ et disposant d'un réseau couvrant la moitié du monde, décide que sa première incursion stratégique majeure dans le sport passe par le pédalage est, sans aucun doute, quelque chose que nous devrions célébrer.

Cela nous dit que ce sport jouit d'une santé financière enviable à son apogée, que les valeurs de résilience, de gestion des risques et de vision à long terme que Carl Hess et Sir Dave Brailsford évoquent dans le communiqué qu'ils nous ont envoyé sont des atouts réels et vendables.

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Il est positif que l’argent coule à flot et que les marques dotées de ce muscle choisissent le maillot INEOS pour projeter leur image de spécialistes de la navigation dans la complexité.

Pourtant, dans ce cahier annelé, nous observons depuis quelques temps que le cyclisme est un écosystème délicat et cette injection de capital, aussi bienvenue soit-elle, nous oblige à réfléchir sur la pérennité à long terme du modèle.

Nous nous réjouissons qu’Ineos ait ajouté un partenaire important pour les trois prochaines années, mais l’écart se creuse.

Dans un podcast sur le point de sortir, les amis de Kern Pharma nous parlent de la boule de dépenses qui pousse dans le cyclisme.

L’investissement croît sans cesse, mais il le fait de manière verticale et concentrée, il n’est pas réparti équitablement.

Pour que ce sport reste durable et surtout a minima égalitaire, ces types de mouvements doivent avoir une réflexion proportionnelle à tous les niveaux de la pyramide.

Il ne s’agit pas de critiquer l’arrivée des capitaux, mais plutôt d’avertir qu’un cyclisme où seuls quelques privilégiés peuvent accéder à des partenaires au niveau de WTW risque d’étouffer la concurrence par pure supériorité budgétaire.

Le discours de Brailsford sur la préparation et la résilience est impeccable, mais la réalité est que la capacité à naviguer dans cette complexité technique dépend directement de la profondeur du portefeuille.

Si nous voulons que le spectacle survive à sa propre professionnalisation, il faut que cette aubaine commerciale ne reste pas uniquement entre les mains des équipes les plus riches du World Tour.

Le cyclisme sera quelle que soit sa classe moyenne, et alors que nous portons un toast à ce nouvel accord qui sera visible sur les maillots de l'équipe britannique, nous ne pouvons nous empêcher de penser que la véritable victoire du sport serait que l'intérêt de ces géants mondiaux se reflète, garantissant que le peloton ne devienne pas un monologue de ressources inaccessibles aux autres.


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