Tournée : L'image que la France voulait de Seixas

Petit à petit, les possibilités de podium de Seixas sur le Tour s'agrandissent

Le cyclisme français court après des fantômes depuis des décennies, alimentant un besoin malsain de trouver l'héritier définitif dans une sécheresse qui pèse déjà trop.

Ainsi, voir Paul Seixas s'intercaler entre Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar lors de la première arrivée difficile du Tour de France, dans les Vosges, est de l'or pur.

C’est l’image que tous ceux qui rêvaient de ses débuts attendaient et qu’ils peuvent désormais savourer.

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Dans une époque dominée par des monstres qui imposent un respect révérencieux et une différence abyssale avec les autres, ce gamin entre là-dedans, au milieu des ennuis des deux plus grands du peloton actuel.

Le mieux, c'est qu'il ne le fait pas sur la pointe des pieds.

Seixas est entré dans le mix en montrant son visage, en exhibant son moteur et en ne se cachant pas en troisième position pour que d'autres puissent le tirer.

C'est un contraste absolu avec la frustration qu'il a ressentie après la persécution de Pogacar après le Tourmalet, lorsque Remco Evenepoel lui-même a dû le consoler en lui rappelant que « c'est le Tour ».

Nous le voyons désormais parmi les meilleurs, étant le troisième atout d'une double rivalité entre le Slovène et le Danois que le cyclisme n'avait jamais connue dans son histoire, du moins pas pendant une période aussi prolongée.

Assimiler sa réalité est effrayant : c'est un garçon qui, en raison de son âge, serait actuellement en deuxième année d'études après avoir passé le test de sélectivité il y a quelques années à peine.

Évidemment, il sait que cette année, cela ne sera pas possible, et que l'année prochaine ne le sera peut-être pas non plus, mais la certitude est que ce n'est pas loin.

Ce qui l'attend se passe bien pour lui, car tout va bien pour Seixas ; Il ne se soucie pas du contre-la-montre ni de la montagne, il assimile n'importe quel scénario.

Avec ce courage, ce caractère et le soutien d'une équipe comme Decathlon qui grandit petit à petit avec lui, je le vois même proche du niveau de Vingegaard.

Seule la direction de la troisième semaine joue en sa défaveur, un terrain totalement inconnu pour lui.

Il faudra voir comment s’intègre l’extrême fatigue de ces derniers jours, même si, sachant comment les choses fonctionnent dans ce cycle moderne de jeunes adultes, il est difficile de croire qu’il s’effondrera soudainement, peu importe à quel point il a le droit d’échouer.

Hier encore, nous avons lu son entraîneur, Luke Rowe, expliquant la nécessité de ralentir son rythme et d'être plus prudent, mais la route et le talent indomptable du Français avancent à une vitesse différente.

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