Per Strand Hagenes a remporté « notre » Le Samyn

Entre Per Strand Hagenes et Jordi Meeus, une course comme Le Samyn ne nous a jamais fait la différence entre un vainqueur moral et un vrai vainqueur

Il existe une fine ligne rouge qui sépare la gloire de l’anonymat, une frontière invisible avec laquelle Per Strand Hagenes flirtait avec l’agonie de ceux qui se savent persécutés mais refusent de regarder en arrière.

Le Samyn est habituellement cet écrin de humbles pavés et de hauteurs qui n'apparaissent pas dans les grands livres d'histoire, mais qui distillent l'essence la plus pure de ce sport : le vent contraire, le froid pénétrant les os et l'épopée du coureur qui décide de défier la logique du peloton.

Le Norvégien nous a offert un de ces après-midi d'antipasti de printemps où le récit était le pouls vibrant entre un homme seul et une meute qui n'arrivait pas à s'entendre derrière lui.

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Hagenes était le vainqueur moral, cette figure romantique que le cyclisme sacrifie habituellement sur l'autel du résultat.

Mais ne nous y trompons pas, personne ne s'en souviendra, peut-être lui et les siens, un peu plus.

Son exposition était un exercice de résistance numantine, survivant avec un revenu minimum qui semblait s'étendre sur le dernier kilomètre grâce à une pure détermination.

Il est inévitable de ressentir cette sympathie immédiate pour celui qui décide de ramer à contre-courant, pour le cycliste qui se vide en sachant que les chances sont contre lui, mais qui préfère mourir sur le rivage plutôt que de se rendre sans combattre.

C'était une démonstration de puissance physique et mentale qui, parfois, a éclipsé la part habituelle de proéminence de Van Aert qui semble toujours être à l'épicentre de tout incident, cette fois un problème mécanique.

Cependant, le cyclisme professionnel est une entreprise de résultats et non d’intentions.

Tandis qu'Hagenes mettait son cœur sur l'asphalte, Jordi Meeus faisait preuve de froideur et de calcul.

Celui de Red Bull était le vainqueur physique, l'exécuteur qui attendait son moment pour réclamer ce que dicte le manuel de sprint. Il n'y a pas de romantisme dans le triomphe de Meeus, il y a de l'efficacité.

Le contraste est brutal : l'esthétique de l'effort solitaire de Hagenes versus la puissance brute et pragmatique de Meeus dans les derniers mètres.

L’un a fait le spectacle et l’autre a remporté le trophée. Parfois, la justice poétique est en deçà de la réalité d’un sprinteur qui sait où il doit être lorsque le chronomètre lui dicte sa sentence.

Nous avons la consolation d'avoir assisté à une course-poursuite qui justifie quelques heures devant l'écran, voyant comment le Norvégien a résisté à ce qui était souhaitable.


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