Milan-San Remo : seul Pogacar pourrait remporter la course de l'année

Sans Milan-San Remo, la liste des obsessions de Pogacar se réduit

Quelle course, quelle merveille.

Milan-San Remo est à nouveau, sans aucun doute, la course de l'année, comme elle s'est produite il y a cinquante-deux semaines, mais cette fois avec le poids de l'histoire écrit en majuscules.

Tadej Pogacar, le meilleur cycliste que nos yeux aient jamais vu, a enfin réussi à rayer sa grande obsession de la liste.

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Avec un palmarès déjà monstrueux, additionnant dix monuments et quatre Tours de France, il lui manquait le sceptre de la Via Roma pour entrer définitivement dans une dimension réservée aux élus.

S'il voulait le gâteau parfait pour son premier San Remo, il ne lui manquait pas un seul ingrédient : il y avait des chutes, de l'anxiété, des rivaux importants et une surprise de taille appelée Tom Pidcock qui l'obligeait à se vider jusqu'au dernier centimètre.

Le chemin de la gloire n’a pas du tout été le voyage tranquille et planifié que l’on projette habituellement le long des côtes de la Ligurie.

Dans l'avant-première de Cipressa, une explosion au milieu du peloton a provoqué une chute qui a complètement changé le scénario.

Le chaos a pris le dessus sur la course au moment le plus inopportun, avec le champion du monde impliqué et interrompu.

On a vu Pogacar contraint de poursuivre après l'incident, soutenu par une équipe qui a fait des heures supplémentaires, tandis que Mathieu van der Poel cherchait une vie seul pour revenir en tête.

C'était un exercice de survie avant l'extase.

Lorsque les hommes des Émirats arabes unis, avec McNulty et Del Toro faisant les honneurs, ont donné le ton, Pogacar a fait exploser la course.

Seule la résistance numantine de Pidcock et Van der Poel a permis au duel d'atteindre le Poggio vivant.

Là, après une éruption physique de Van der Poel, Pogacar a géré les temps avec une froideur indigne de sa jeunesse.

Il n'avait pas besoin d'une attaque furieuse, mais plutôt d'une surveillance rapprochée d'un Pidcock qui vendait cher sa peau.

Le sprint sur la Via Roma a été à couper le souffle, une victoire serrée qui l'inscrit carrément dans la légende du cyclisme.

Pogacar est le premier arc-en-ciel à remporter ce monument depuis quarante ans et le premier à enchaîner trois monuments d'affilée depuis l'époque d'Eddy Merckx.

Il n'est plus qu'à un pas d'achever les cinq monuments, l'innommable Paris-Roubaix.

Le Slovène a déclaré qu'il préférait San Remo à un hypothétique sixième Tour, et son dévouement dans chaque courbe de la descente a confirmé que ce n'était pas un cliché.

C'est un cycliste légendaire, un « croque-mitaine » qui méprise les deux ou trois plus grands de tous les temps.

La quatrième fois lui a suffi pour remporter le sceptre qu'il expose déjà dans son musée aux côtés de la Sensa Fine del Giro et des vases du Tour, confirmant que nous sommes face à un athlète indestructible.

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