Les maillots du Giro : du cyclamino à l'azzurra
Des couleurs qui définissent la personnalité des maillots Giro
Il est curieux de voir comment la mémoire du fan tend à normaliser l'histoire, en supposant que ce que nous voyons aujourd'hui est né ainsi, par génération spontanée, enveloppé dans les couleurs qui nous sont désormais sacrées.
Mais le Giro d'Italia, fidèle à sa nature d'organisme vivant et parfois capricieux, a mis des décennies à trouver sa vraie peau.
Parler de la maglia azzurra et du cyclamino, c'est parler d'une évolution esthétique qui n'a pas toujours été accompagnée d'une logique sportive, mais plutôt d'une constante recherche d'identité.


C'était en 1933, une édition dominée par un Alfredo Binda impérial, lorsque l'organisation décida qu'il ne suffisait pas d'être le plus rapide au classement général ; Il fallait récompenser celui qui défiait le mieux la pente positive.


Cependant, ce premier roi de la montagne ne portait pas de vert, comme Iñaki Gsatón, par exemple, le portait autrefois.
L'image que nous avons enregistrée du maillot vert est une invention beaucoup plus récente, datant de 1977.
À l'époque de Binda, le meilleur grimpeur se distinguait par un vêtement blanc, un choix paradoxal pour la brutalité de gravir les cols de l'époque avec des vélos qui pesaient deux fois plus que les actuels et des chemins de terre qui s'effondraient sous les roues.
C'est Binda qui a créé cet honneur, en signant un doublé historique qui a jeté les bases de ce que nous entendons aujourd'hui comme un coureur total.
La régularité, cette récompense de la persévérance qui reste souvent dans la nuance du rose, n'est pas née avec le ton floral qui la définit aujourd'hui.
Le Giro 1966 a introduit ce classement basé sur les positions finales et les sprints, loin de la tyrannie du chronomètre.
Pendant une courte période, entre 1967 et 1969, le leader de ce classement portait du rouge.
Ce n'est qu'en 1970 qu'est apparu ce mauve incomparable, le cyclamen, du nom de la fleur qui habite les vallées italiennes.


Ce maillot est devenu un objet culte, symbole de puissance pure sur la ligne d'arrivée.
Même si en 2010 ils ont tenté de revenir au rouge sous le nom pompeux de « rosso passione », la tradition a fini par s'imposer.
En 2017, la corsa rose a retrouvé le bon sens et a rendu la couleur du cyclamen au peloton, démontrant que dans le cyclisme, comme dans la vie, parfois le passé est la meilleure voie à suivre.







