Le Giro est déjà en Italie, première semaine

Que Vingegaard ne condamne pas le Giro dès la première semaine

Lorsque le métal du Giro d'Italia débarque enfin chez lui, il le fait après un transfert qui a dû être un véritable calvaire pour les auxiliaires.

Passer de la capitale bulgare, Sofia, jusqu'à la pointe de la botte italienne est une bêtise dont je ne sais pas en quoi cela contribue à l'empreinte écologique de la course, une pénitence logistique qui précède le vrai spectacle.

Nous entrons dans une première semaine conçue avec une architecture très claire, tournant autour de la journée du vendredi et de ce nom qui résonne fortement dans la mémoire récente du cyclisme : le Blockhaus.

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C'est le sommet où Nairo Quintana a nourri ses rêves il y a près de dix ans et où Tom Dumoulin a commencé à cimenter un retour historique.

Mais c'est aussi l'endroit où les rêves de Mikel Landa se sont évaporés au milieu des malheurs et de la malchance, le faisant sortir des piscines avec son coéquipier d'alors Geraint Thomas.

Au Blockhaus, je n'attends pas de décision définitive de Jonas Vingegaard.

Bien que le Danois vive dans un échelon compétitif beaucoup plus élevé que les autres, la logique de cette course et ce qui s'est passé à l'époque bulgare suggèrent d'autres nuances.

Giulio Pelizzari a fait preuve d'une fraîcheur qui laisse penser qu'il ne sera pas loin du leader de Visma.

En revanche, le reste du panorama suscite des doutes raisonnables.

Ni la volonté incassable d'un Egan Bernal renaissant, ni l'irrégularité chronique de Giulio Ciccone, ni le rythme diesel d'un Enric Mas, plus soucieux de ne pas céder que de proposer, ne semblent comme des arguments solides pour arrêter le Danois.

Vingegaard pourrait répéter ce qu'il a fait à Valdezcaray lors de la dernière Vuelta, en marquant des distances, même s'il convient de rappeler qu'après ce coup, on a vu qu'il n'était pas intouchable, notamment face à des personnages comme Joao Almeida, dont nous regrettons profondément l'absence aujourd'hui.

La suite des profils de ces premières journées semble conçue pour injecter une nervosité maîtrisée, une tension qui maintient les favoris en alerte sans casser le jeu.

C'est une tendance du Giro moderne : garder les troupes pour la fin, une stratégie qui garantit rarement le meilleur spectacle mais qui le sauront déjà.

Nous verrons des finales avec le cachet inimitable de la maison de Cosenza et Potenza, et ce chaos nécessaire sur le chemin de Fermo, dans les Marches, qui obligera l'équipe du leader à un contrôle absolu.

Tout cela répond à une feuille de route bien précise pour Vingegaard.

Il s’agit de gérer une rudesse contenue qui entretient l’émotion sans user excessivement le moteur.

Le Danois sait que ce Giro n'est que le premier acte d'un défi de six semaines qui culminera avec le Tour de France, et chaque gramme d'énergie économisé maintenant sera de l'or en juillet.

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