Ce qui reste du Dauphiné a déjà un long chemin à parcourir

Le nouveau Dauphiné s'appellera Tour Auvergne Rhône-Alpes

Difficile de s'habituer à ce qu'on n'appelle plus les choses par leur nom, surtout quand ce nom évoque le mois de juin français, les Alpes naissantes et l'odeur de crème solaire mêlée à l'asphalte fondu.

Le Critérium du Dauphiné dévoile son habillage, ou du moins son étiquette, dans une édition qui rompt avec la tradition nominale mais conserve intact son esprit de répétition générale du Tour de France.

Pour nous ce sera toujours le Dauphiné, ou comme dirait Antonio Alix, le Dauphiné, c'est plus qu'une course, c'est un état d'esprit avant les canicules de juillet.

CCMM Valence

Cependant, dans ce cycle moderne de marques mondiales et de rebrandings stratégiques, il semble que l'histoire fasse parfois obstacle si elle ne rentre pas dans un hashtag.

La première édition de ce « nouveau » Dauphiné se présente avec un parcours qui ne trompe personne, même si l'on souhaite changer le packaging.

L'inclusion d'un contre-la-montre par équipe récupère cet arôme de cyclisme collectif qui nous manque tant, obligeant les blocs à travailler comme une unité avant que l'égoïsme jaune du Tour ne fragmente tout.

Ce n’est pas une décision anodine ; C’est un message direct aux directeurs sportifs.

L'itinéraire cherche la demande dès le premier kilomètre, culminant dans ce Plateau de Solaison qui a déjà prononcé sa sentence dans le passé.

C'est un port qui ne pardonne pas, un mur qui expose les défauts de ceux qui arrivent sans avoir fait leurs devoirs.

Je trouve curieux de voir comment l'organisation tente d'équilibrer l'équilibre entre innovation et classicisme, même si parfois elle va trop loin dans la recherche du spectacle immédiat.

Le cyclisme n'a pas besoin de nouveaux noms pour être pertinent, il a besoin d'étoiles qui brillent et de parcours qui respectent l'intelligence du spectateur et la dureté de la route.

Ce Dauphiné, ou peu importe comment vous voulez l'appeler maintenant, est toujours cet examen final où les côtelettes n'en valent pas la peine.

Celui qui gagnera Solaison ne le fera pas en raison du nom de l'épreuve, mais pour avoir compris que le Dauphiné continue d'être le territoire où se forgent les futurs rêves jaunes.

En fin de compte, nous, les romantiques, continuerons à l’appeler ainsi, car il existe des héritages que le marketing ne peut effacer.

C'est le poids de quinze années d'analyse des coups de pédale : les noms changent, les pentes et la souffrance des élus restent inchangées sous le soleil des Alpes.

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