Si Félix Gall courait mieux…
La façon de courir de Felix Gall ne l'a pas empêché de monter sur le podium du Giro y Vuelta
Être deuxième du Giro et troisième de la Vuelta dans la même saison n'est pas un détail.
La carrière récente de Felix Gall exige une analyse fine et sans artifices.
L'Autrichien est un coureur indéchiffrable.


Sa structure, le Décathlon, court souvent à la suffisance d'un bloc dominant, assumant une responsabilité de course qui ne lui correspond pas toujours.
Gall roule sous une logique floue.
Difficile de comprendre ses remplaçants à Roglic alors que Mas a creusé un écart devant, une lecture de la course qui désoriente le spectateur et réduit l'efficacité de ses jambes.
Malgré les embardées tactiques, Gall maintient des figures d’escalade de haut niveau.
Être sur le podium de deux grands ne se fait pas par hasard.
Sa solidité en montagne est incontestable, mais le saut de qualité définitif ne dépendra pas de son moteur, mais de son intelligence tactique.
Vous devez savoir quand épargner, quand terminer et comment tirer le meilleur parti des faiblesses des autres.
En Italie, il était loin de la victoire contre un Vingegaard dominateur, et en Espagne, la supériorité de Mas était évidente.




Cependant, avec une gestion plus astucieuse des dépenses, la deuxième place après un Roglic loin de sa meilleure version était un objectif réalisable.
Gall incarne la figure du grimpeur classique : mortel en montée, mais pénalisé dans le contre-la-montre et avec des marges de progression dans les descentes.
Son origine ajoute de la rareté au personnage.
L'Autriche offre une géographie privilégiée pour le VTT, mais historiquement elle n'a guère produit de noms ayant un impact sur l'élite.
Hormis quelques étincelles occasionnelles comme celles de Totschnig ou de Luttenberger, le cyclisme autrichien a été un acteur secondaire.
Son saut vers Trek ouvre un scénario incertain.
La formation nord-américaine accumule des dirigeants au profil similaire et aux revendications partagées.
Gérer un vestiaire où coïncideront des coureurs comme Ayuso nécessitera une main gauche pour éviter les frottements dus aux rayures.


Pour Decathlon, en revanche, le départ de Gall représente une rupture considérable dans son projet montagne, au moment même où l'équipe cherche à maintenir sa présence à la grande table.
Gall part en laissant des résultats indiscutables et le doute permanent sur jusqu'où il ira s'il décide de courir avec sa tête et avec son cœur.








