Tournée féminine : et les prix ?
La différence de prix entre le Tour féminin et masculin ne parle pas bien des organisateurs
Nous avons peu ou rien écrit dans ce carnet mal annelé sur le cyclisme féminin, mais à la réflexion de l'autre jour sur le Tour qui vient de se terminer, nous souhaitons ajouter cette note sur les récompenses.
Et il y a eu cinq millions de téléspectateurs.
C'est dit bientôt.


Le Tour féminin a brisé le plafond d'audience, mettant la moitié de l'Europe devant la télévision en plein mois d'août.
L'hydratation à vélo, cet ennemi invisible
Les fossés pleins, les réseaux attentifs, qu'ils aient fermé ou non Kasia, et le sentiment clair que le cyclisme féminin n'est plus l'avenir, mais un présent solide.
Cependant, la réalité économique reste prisonnière du passé.
On lit Cédric Vasseur, qui a mis le doigt sur le point sensible en pointant la misère distribuée en prix.
La photo du vainqueur soulevant le trophée est impeccable dans les médias, mais le chèque qui l'accompagne est gênant.




Le manager de Cofidis ne parle pas pour parler.
Connaître le métier. Il sait ce que coûte le déménagement d’une structure, payer les salaires et justifier l’investissement auprès des marques.
Il a dit tout haut ce que beaucoup pensent dans le peloton et gardent le silence par peur.
ASO compte des chiffres et des audiences massives.
Ils vendent à prix d’or le succès du test aux chaînes de télévision.
Mais quand vient l’heure de partager le gâteau avec les véritables stars de la série, les restes tombent à peine.
C'est l'histoire éternelle de ce sport.
Le cycliste met le risque et la souffrance, et l'organisateur gagne de l'argent, et cela, comme nous l'avons admis l'autre jour, ASO a assumé un certain risque dans cette aventure qui dure depuis cinq ans.
Cela se produit sur le calendrier masculin et se reproduit durement sur le calendrier féminin.
Qu'une course suivie par cinq millions de personnes décerne des prix d'événements régionaux est une insulte au professionnalisme des coureurs.
Nous exigeons des efforts titanesques, des tactiques courageuses et un spectacle de première classe.
Nous voulons qu'ils attaquent à distance et donnent le meilleur d'eux-mêmes en montagne, mais ensuite nous les compensons comme des amateurs lorsqu'ils franchissent la ligne d'arrivée.


Vasseur a raison de briser la version officielle.
Le cyclisme n’a pas besoin de condescendance ni de tape dans le dos.
Il a besoin d'argent.
Les chiffres montrent que le produit est attractif et que le public souhaite le consommer.
L’excuse selon laquelle ils ne suscitent pas d’intérêt ne tient plus.
Ils en génèrent, et beaucoup.
Désormais, ceux qui dirigent l’entreprise doivent abandonner leur chéquier et payer équitablement. Les discours institutionnels célébrant l'égalité ne manquent pas et il manque des zéros sur les comptes bancaires des cyclistes.
Si le Tour veut gagner notre respect, il doit commencer à le payer comme tel.
ASO a la balle dans son camp et le temps des excuses est écoulé.

