Tour : Chaque victoire de Van der Poel comme si c'était la dernière

Van der Poel entretient une étrange relation avec le Tour

Avec un éventuel retrait qui se profile à l’horizon à partir de 2028, à l’occasion des Jeux olympiques de Los Angeles, nous sommes en plein milieu de ce cycle qui lie Paris à la ville californienne.

Chaque fois que Mathieu van der Poel nous livre un génie du vélo, l'obligation s'impose de le savourer comme une pièce unique, conscient que la fin définitive de sa carrière est proche.

Nous avons analysé à maintes reprises la relation particulière et contradictoire que ce cycliste entretient avec le Tour de France, un scénario où il est pleinement conscient qu'il trouve la plus grande part de popularité et la reconnaissance mondiale la plus absolue, mais qui en même temps est loin d'être la course qui le comble ou le passionne le plus.

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Le contrôle millimétrique, l'obsession de la performance, le besoin impératif d'économiser des forces et la routine quotidienne d'un grand tour ne correspondent pas à l'esprit indomptable d'un coureur qui, s'il se distingue par quelque chose, est destiné à organiser des journées mémorables et extraordinaires capables de marquer toute une époque.

A titre d'exemple, que s'est-il passé dans ce cas

étape épuisante qui clôt la première semaine du Tour de France. Accompagné de trois autres noms en majuscules comme Alex Baudin, Tom Pidcock et Tobias Halland Johannessen,

Van der Poel a ouvertement défié la logique écrasante du grand groupe et le contrôle étroit de l'équipe des Émirats arabes unis pour finir par remporter une victoire anthologique, du genre de celles dont profitent les supporters.

Il dut ramer avec son âme comme le premier de l'évasion et, comme si cela ne suffisait pas, finir avec un sang-froid louable alors que le grand groupe était déjà sur les talons dans son dernier souffle. C'est le type de journée qui génère un épuisement physique et un stress mental extraordinaires, mais auquel le Néerlandais a été contraint pour deux raisons impérieuses.

D'abord, parce que même si l'on souligne habituellement que le palmarès de son éternel rival, Wout van Aert, manque de certains triomphes dans les grandes classiques comme celui d'Alpecin, le palmarès de Van der Poel avait besoin d'engraisser son compte sur le Tour de France.

Ce deuxième succès intervient pas moins de six ans après sa victoire d'étape en émotions et ce maillot jaune qu'il portait après avoir explosé la première semaine de l'épreuve française.

Deuxièmement, l'urgence était motivée parce qu'Alpecin n'a pas encore trouvé en Jasper Philipsen ce sprinteur infaillible qui, au cours des saisons précédentes, a assuré deux à quatre victoires avec une solvabilité totale, ce qui a obligé le grand patron, la référence incontestable de l'équipe, à passer directement à l'action.

Malgré l’euphorie de la victoire, il est inévitable qu’un frisson de nostalgie nous parcourt à la vue de ces exhibitions.

On a le sentiment que nous sommes face à l'une de ses dernières grandes fonctions, puisqu'il est lui-même chargé de laisser entendre que la date du dernier au revoir est fixée dans son esprit et que ses principaux objectifs de vie ont été plus que remplis.

Peut-être que la fatigue apparaît après avoir dominé jusqu'à l'ennui en cyclocross, ou peut-être est-elle influencée par le fait que dans les classiques, le terrain où il se débrouille parfaitement, un rival aux dimensions colossales a émergé sous la forme de Tadej Pogacar, qui exige de lui des exigences supplémentaires qu'il n'a peut-être plus envie de presser.

La seule chose sûre est qu'étant le petit-fils du légendaire Raymond Poulidor, chaque goutte de cyclisme qu'il décide de nous offrir désormais doit être savourée avec mélancolie, mais surtout avec la certitude absolue d'être témoin des derniers instants d'un talent irremplaçable.

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