Le Tour au Tourmalet Y aura-t-il un jugement Pogacar ?

Tout le monde pointe du doigt Pogacar cherchant la peine au Tourmalet, nous verrons…

La chaîne Aspin et Tourmalet fait partie de ce sanctuaire du vélo que l'on connaît par cœur.

C'est le cercle de la mort, un profil magique qui nous accompagne depuis l'enfance et reste pérenne jusqu'à aujourd'hui.

Parler de ces montagnes, c'est parler de la pure magie du Tour de France, concentré cette fois dans une journée de plus de 4000 mètres de dénivelé avec une arrivée spectaculaire à Gavarnie, l'un des plus beaux paysages des Pyrénées.

CCMM ValenceCCMM Valence

Une véritable merveille qui se produit cependant dès la sixième étape de la course.

La situation actuelle me rappelle beaucoup ce que j'ai vécu en 2023, lorsque la course partait de Bilbao et que le bloc pyrénéen était présenté très prématurément.

En prélude à Tourmalet et Cauterets, en Marie Blanque, Jonas Vingegaard, épaulé par un Sepp Kuss magistral, a réussi à creuser un écart important devant un Tadej Pogačar qui n'avait pas fière allure.

L'écart obtenu était tel que Visma – puis Jumbo – cherchaient à terminer le Tour immédiatement, le lendemain, sans même avoir bouclé la première semaine de compétition.

Au Tourmalet, des coureurs comme Wilco Kelderman, Steven Kruijswijk et Kuss lui-même ont tout donné contre le Slovène.

Ils ont failli le faire exploser.

Mais Pogačar a subi les attaques d'un Vingegaard qui est parfois injustement accusé de ne pas attaquer, alors que la réalité montre qu'il le fait, et avec violence, contre l'un des meilleurs de l'histoire. Pogacar a résisté au défi puis, sur les pentes de Cauterets, il a achevé le Danois, signant une victoire historique.

Ce sont ces moments qui confirment ce que j'ai dit tant de fois : lorsque Pogacar est mis en difficulté, la course devient un spectacle merveilleux, même si à la longue Vingegaard a fini par être sacré sur ce Tour.

Je raconte toute cette histoire parce que maintenant le sentiment est exactement le même, mais complètement inversé.

Pogačar arrive au pied du Tourmalet, pour remonter La Mongie, avec la ferme idée de repartir de cette demi-conclusion.

Mon impression est que, malheureusement, il peut y parvenir et tuer sérieusement le Tour, ce qui signifie détruire définitivement l'émotion de la course.

Je pense que Vingegaard arrive meilleur que jamais, peut-être avec de meilleurs chiffres et une condition physique plus élevée que les années où il portait le jaune, avec des veines marquées et d'excellents records.

Cependant, cela donne le sentiment qu'il court pour encaisser les coups et non pour chercher la faiblesse d'un Pogacar qui présente année après année une version améliorée, juste au moment où on pensait qu'il n'était plus possible d'évoluer davantage. Si l’UAE Team Emirates met le paquet et que les Émiratis misent sur la démolition totale, je crains que nous puissions nous retrouver sans le Tour de France à la première occasion.

La course est un duel exclusif entre Pogacar ou Vingegaard. Remco Evenepoel a l'air fort, mais il lui manque toujours un point pour être à cette hauteur ; Paul Seixas n'a pas les tables des patrons, même si son endurance le placera très loin devant, et Juan Ayuso rivalise en minimisant les dégâts. C'est la dure réalité du Tour, où il n'y a pas de demi-mesure.

Le cyclisme actuel appartient aux croque-mitaines qui le contrôlent et le dominent d’une main de fer, et ces gens-là ne dévoilent absolument rien. S'ils ne l'ont pas fait aux Angles, il est impensable qu'ils le fassent à Gavarnie.

A lire également