Jonas Vingegaard veut la triple couronne parce qu'il en vaut la peine

Si Vingegaard remporte la Triple Couronne en premier, il ne perd plus.

Parmi les mérites que Jonas Vingegaard ne reconnaît pas, peut-être parce qu'il ne sourit pas autant que son ennemi slovène, c'est de vivre avec un monstre comme son grand rival.

On l'a encore vu, lorsqu'ils l'ont interrogé sur Pogacar, au moment d'annoncer son intention de sceller la Triple Couronne en remportant le Giro.

Car Jonas Vingegaard a décidé que cette année son chemin vers le jaune ne passe pas par un entraînement en altitude, mais par la mystique de l'Italie.

CCMM ValenceCCMM Valence

Le Danois, toujours aussi froid en apparence, si ambitieux par essence lorsqu'il évolue dans son domaine, a pris le départ du Giro d'Italia avec un récit qui, même s'il veut ressembler à sa propre conviction, sent inévitablement la réponse.

Jonas Vingegaard dit que sa présence ici, son triple but en corne, n'est pas une danse sur la musique jouée par Tadej Pogačar.

Il assure que l'objectif de relever le défi est une ambition personnelle, une étape qui le motive pour lui-même et non à cause de l'urgence de devancer le Slovène.

En revanche, cet effort pour se démarquer de l’ombre de Pogacar est curieux, au moment même où le cyclisme vit le duel le plus passionnant de la décennie.

Ils gagnent tous les deux dans ce gâchis.

Vingegaard insiste sur le fait que remporter le Giro est un défi qu'il recherchait pour briser la monotonie d'un calendrier qui commençait à être une copie conforme année après année.

Cependant, dans le monde des deux roues, où le timing est primordial, il est difficile d'accepter l'idée que ce mouvement soit étranger aux expositions dans lesquelles son grand rival ne cesse de figurer.

Le Danois veut entrer dans l'histoire, oui, mais il sait que pour que son héritage soit incontestable, il lui faut coloniser les territoires où Tadej a déjà planté son drapeau.

A l'aube de ses débuts en Corsa Rosa, Vingegaard se montre prudent, presque humble, distribuant du favoritisme à des noms comme Bernal ou Yates pour se détourner de l'attention.

Même lui n'y croit pas.

Et cela parle de l'imprévisibilité de l'Italie, des surprises que cachent ses routes et de la façon dont cette course servira de tremplin idéal pour le Tour de juillet.

C'est le discours classique de quelqu'un qui sait qu'il porte le numéro un virtuel mais préfère que la pression se dilue dans l'air vicié des scènes de plat.

Au final, même si Jonas veut nous convaincre que sa boussole n'indique que son propre destin, le cyclisme est aujourd'hui un jeu de miroirs.

Leur présence en Italie confirme que la hiérarchie du peloton ne se contente plus de défendre un fort ; Il s'agit maintenant de conquérir la carte entière.

Vingegaard est à la recherche de la pièce manquante du Giro, et bien qu'il dise qu'il ne regarde pas Pogačar de travers, l'écho de cette rivalité est ce qui le pousse vraiment vers Rome.

A lire également