Twist : On dit que Paul Magnier est l'autre merveille
Maillot rose dans le Giro, dès le départ, Paul Magnier le prend déjà
Paul Magnier a conquis sa place à la première du Giro d'Italia avec le prix d'un maillot rose qui rappelle qu'en France on ne peut plus parler de cyclisme à deux vitesses.
Il l'a fait en dirigeant une équipe Soudal qui aujourd'hui non seulement court pour gagner, mais est devenue une vitrine historique en portant ce maillot commémoratif des 150 ans de Castelli.
Rarement une célébration se révèle aussi complète et esthétique que cette entrée dans la ligne d’arrivée.


Il y a quelques jours à peine, le journal L'Équipe pointait Magnier comme l'autre grande merveille du cyclisme français, et le bitume bulgare lui a immédiatement donné raison.
Il est vrai que le sprinteur n’a peut-être pas encore ce rayon d’action dévastateur, presque une bombe atomique, que l’on croit posséder Paul Seixas, mais sa victoire est une confirmation empirique de ce doux moment que traverse le peloton français.
La France connaît un printemps permanent de talents que nous analysions récemment en évoquant l'écosystème qui entoure des personnalités comme Seixas ou Vauquelin.
La victoire de Magnier n'était pas une arrivée nette, mais le résultat d'une survie dans un sprint chaotique, conditionné par une chute massive qui a laissé plus de la moitié du peloton bloqué dans les phases finales.
Dans ce fleuve trouble, le Français a su mieux que quiconque lire la tension, faisant ressortir les couleurs de Jonathan Milan qui débutait comme grand favori du jour.
Magnier a mis le doigt sur la tête au moment où le rideau s'ouvrait, dissipant d'un seul coup les doutes sur une saison qui, jusqu'à ce matin, était étrangement vide pour un cycliste de sa trempe.
Cet éclat qu'il nous a donné lors du dernier Guangxi Tour semblait s'être estompé au cours des mois précédents, mais le chemin finit toujours par remettre chacun à sa place.


Aujourd'hui, avec le rose sur les épaules, Magnier prend non seulement pour la première fois la tête d'un grand tour, mais revendique également son statut de vainqueur face à ceux qui commençaient à s'impatienter de son palmarès cette année.
La victoire est un avertissement pour les marins : le talent français n'est pas seulement une promesse d'avenir, mais une réalité qui dicte déjà son jugement au présent.







