Quel souvenir garderons-nous de Mathieu van der Poel ?

Van der Poel entend que chaque course soit différente, s'il est présent

Il est curieux de voir comment le cyclisme, un sport qui s'est nourri pendant des décennies de la mystique de la souffrance monastique et des calendriers quadrillés, a fini par s'abandonner à l'anarchie farouche de ce que représente Mathieu van der Poel.

En lisant ses réflexions sur la manière dont il souhaite qu’on se souvienne de lui, on perçoit cette déconnexion presque nécessaire avec le passé.

Ce n’est pas que Van der Poel ignore l’histoire, il ne pouvait pas connaître l’ADN qu’il boit, c’est qu’il semble en être venu à la réécrire selon ses propres termes, ceux où le nombre de dossards posés compte bien moins que l’impact de chaque coup de pédale donné.

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Il y a un jour, une course, les Strade Bianche 2021 où les sept qui étaient devant étaient les patrons et ils allaient avec tout jusqu'à la ligne d'arrivée, sans épargner un relais, sans économiser le moindre effort.

Mathieu van der Poel a remporté cette course, symbole du cyclisme à venir, du cyclisme que nous avons.

Désormais, le Néerlandais confirme ce que l'on pressentait déjà : un été sélectif, avec le Tour de France et une possible présence au Championnat du Monde VTT, l'éternelle aspiration. .

Mais au-delà de cette feuille de route, ce qui la sous-tend, c’est cette philosophie de « nouvelle école » dont il est le principal architecte.

Il dit qu’il veut qu’on se souvienne de lui comme faisant partie d’une génération qui a changé le cyclisme, et il a raison, même si la nuance est importante.

Ils ont changé la manière de courir, la rendant plus anarchique et visuelle, mais ils ont aussi changé la gestion des attentes.

Celui-ci ne court pas pour décrocher un record industriellement ; Il court pour assouvir une curiosité de compétition qui semble parfois l'épuiser en dehors des grandes scènes.

Le poids qu’il donne à la liberté créative sur le vélo est frappant.

Pour un coureur de sa lignée, le cyclisme n'est pas un bureau de huit heures, mais plutôt une toile où il s'offre le luxe de choisir quand être le meilleur.

Cette capacité à « allumer et éteindre le moteur » est ce qui définit vraiment cette époque, celle d’atteindre la ligne d’arrivée avec un réservoir vide.

On ne voit plus le champion parcourir le calendrier pour honorer le maillot ; Nous voyons des étoiles qui disparaissent pendant des mois pour revenir et pulvériser la logique n'importe quel dimanche après-midi.

En fin de compte, ce que Van der Poel recherche, c'est que son héritage ne soit pas une froide liste de victoires dans une base de données, mais plutôt le sentiment que, lorsqu'il était dans le peloton, quelque chose de différent pouvait se produire sur n'importe quelle pente.

Il y parvient, même depuis le jour où il a décidé de courir autant et est devenu si sélectif.

C'est le triomphe de la singularité sur la méthode, une approche que nous avons toujours défendue dans ce coin comme la véritable essence de ce sport si puni par la monotonie.

Son été sera court, mais avec lui, l'intensité ne se négocie jamais.


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