Milan-San Remo : Little Pidcock est un autre géant
C'est incroyable la façon dont Pidcock s'est comporté dans ce Milan-San Remo
Il n'y a pas de retour en arrière dans la carrière de Tom Pidcock.
Nous sommes face au saut définitif, au grand assaut, au moment précis où un coureur de petite taille, mais éternel en ambition et en soif de croissance, a réussi à toucher le ciel avec ses mains.
Tom Pidcock n'est pas sorti vainqueur de San Remo parce qu'un monstre volait devant lui, un dévoreur aux dimensions historiques, mais il lui a demandé toutes ses forces, l'obligeant à se vider jusqu'à l'âme pour régner sur la Riviera italienne.


Si la performance de Tadej Pogacar a été énorme, celle de Pidcock n'était pas loin derrière lui. Dans ces lignes, nous l'avons déjà surnommé « Juan sans peur », car sa façon de rivaliser avec les géants du peloton manque de complexes, comme s'il nourrissait au fond de lui la certitude absolue que, tôt ou tard, il finirait par les vaincre.
Le voir aujourd'hui pris en sandwich entre Pogacar et Mathieu van der Poel en route pour San Remo, dans une édition où aucun autre favori n'a été conçu autre que l'un de ces deux titans, nous oblige à rembobiner la bande.
On se souvient de ce même coureur tenant tête à Pogacar dans l'Amstel Gold Race, défiant Evenepoel dans le Liège-Bastogne-Liège, étant en bons termes avec Van der Poel et Van Aert dans la boue du cyclocross ou défiant Vingegaard dans la Vuelta.
Il court contre les meilleurs et leur met constamment des ennuis.
Il met tellement de cœur dans chaque coup de pédale que le fan n'a que la possibilité de se lever et d'applaudir.
Il n'est plus simplement ce cycliste des temps forts de YouTube, ni le protagoniste de descentes impossibles qui deviennent emblématiques sur les réseaux sociaux et les pauses publicitaires.
C'est un cycliste adulte, taillé pour tous les terrains, qui a eu le courage de sortir de la zone de confort qu'impose parfois une structure comme Ineos pour s'armer de suffisance et jeter tout le courage du monde sur ses rivaux.


Sa façon de courir est brutale, le courage qu'il dégage dans chaque mouvement, se disputant le trône avec un Pogacar qui vit dans une obsession permanente de compétition.
Je ne sais pas s'il est déjà assis à la table des élus, mais il attend certainement son tour avec une insistance farouche.
Il réclame sa place et, s’il maintient la cohérence que lui dicte son évolution, il ne tardera pas à en faire partie.







