Kuurne-Bruxelles-Kuurne: Air à Visma

Matthew Brennan nous rappelle à Kuurne la valeur collective de Visma

C'est cool, vraiment cool, vraiment, après une course comme celle-ci Kuurne-Bruxelles-Kuurne, une classique exceptionnelle, qui s'est retrouvée dans la poche de Matthew Brennan.

Il est fascinant d’observer comment le cyclisme, dans son aspect le plus stratégique, est capable de muter en seulement vingt-quatre heures une crise existentielle en une ode au travail collectif.

Ce qui a été vécu dans cette course a été avant tout un exercice de rédemption pour une Visma-Lease a Bike qui semblait marcher sur un fil, assiégée par des doutes sur son budget, la fuite des talents et un sentiment de vulnérabilité qui ne correspond pas à l'équipe qui ne fait rien et a tout gagné.

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C'est sans compter les retards dans les débuts de Vingegaard et l'éternelle malchance de Van Aert.

La figure de Matthew Brennan apparaît comme le parfait symbole de ce changement de tendance.

Le jeune Anglais, parti la veille meurtri d'Omloop, incarne cette capacité de résilience dont l'équipe jaune avait tant besoin.

Sa victoire n'est pas un événement isolé, mais la conséquence directe d'une supériorité tactique retrouvée ; La Visma était encore une fois cet essaim capable de s'infiltrer dans chaque coupure, d'étouffer les purs sprinteurs et d'occuper chaque recoin de l'écran, nous rappelant que sa force réside dans la somme de ses parties.

Sur cet échiquier, Christophe Laporte s'est confirmé comme la pièce la plus précieuse, peut-être la seule certitude dans une équipe qui cherche désespérément de nouvelles références.

Le Français a couru avec une générosité impériale, agissant à la fois comme mentor et comme force motrice.

C'est lui qui, avec une lecture impeccable du dernier kilomètre, a neutralisé les ambitions d'équipes comme Tudor et Soudal, laissant la victoire sur un plateau à Brennan qui n'a plus qu'à achever le travail de maître.

Il est significatif qu’en l’absence de figures totémiques comme Pogacar ou Van der Poel, Visma ait décidé que son meilleur argument est le bloc, cette identité « un pour tous » qui leur a permis de s’imposer même sur un Quick-Step de Soudal qui commence à relever la tête avec une fierté renouvelée.

Van Baarle reste attentif à ce qui se passera ce printemps.

Au final, ce que l'on a vu sur les routes de Flandre est un message de calme pour la structure dirigée par Richard Plugge.

Même si les nuages ​​financiers et les doutes sur la forme de Vingegaard demeurent, le succès de Brennan montre que l'équipe de jeunes réagit et que la hiérarchie de Laporte continue d'être une assurance-vie.

Cette victoire, c'est, en substance, l'air dont ils avaient besoin pour affronter la suite du printemps la tête haute, passant de la dépression à l'optimisme d'un coup de pédale et à l'élégance collective.

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