Tournée : Tim Merlier et les autres
Il n'y a pas de rival pour Tim Merlier dans les sprints du Tour
Trois arrivées au sprint lors de la première semaine de course, inaugurée dans cette cinquième étape, ont suffi à clarifier la hiérarchie des volatas sur ce Tour de France.
La réalité est incontestable : Tim Merlier vit dans une autre dimension.
Sa vitesse de pointe et, surtout, ce changement de rythme définitif face à la ligne d'arrivée démontrent une supériorité écrasante et pleinement visible.


Même si l'inertie des dernières saisons nous invitait à placer Jasper Philipsen un cran au dessus, le cyclisme belge dicte une nouvelle fois sa loi, cette fois à travers un coureur de Soudal qui domine dans un anonymat quasi tactique.
Merlier résout les arrivées pratiquement seul, sans l'appui d'un bloc renversé, sortant de positions retardées avec une accélération tout simplement inaccessible à ses rivaux.
Il ne démarre pas les sprints ; permet aux autres d’allumer la mèche pour les condamner en toute simplicité.
De l’autre côté de la médaille apparaît Philipsen.
Même le lancement de Mathieu Van der Poel à deux reprises consécutives n'a pas réussi à le sauver d'une évidente infériorité qui évoque la sensation de poudre mouillée.
Cependant, sa sécheresse initiale ne laisse pas présager une capitulation ; Le sprinter Alpecin a une capacité avérée à tempérer l’anxiété et à absorber les moments de crise au sein d’une structure qui, sans être l’une des plus gigantesques, cohabite avec l’habitude de la victoire.
Ses urgences se sont manifestées dans sa manœuvre face à Fernando Gaviria, vendredi, et dans la perte de places lors de la dernière arrivée.
Pendant ce temps, Biniam Girmay entérine un moment de forme notable, quoique insuffisant face au coup de poing de Merlier, laissant le sentiment que sa régularité au fil des jours finira par lui accorder une victoire partielle.


De son côté, Olav Kooij a déjà inauguré son casier, affichant dans sa victoire une autorité identique à celle affichée par le dominateur belge incontesté.
L'analyse des acteurs nous amène à Fernando Gaviria.
Leur réalité, comme l'a souligné Josemi de Caja Rural, implique des scénarios de désordre absolu et des groupes beaucoup plus sélects ; La vitesse de pointe d'il y a dix ans s'est estompée, mais sa condition physique lui permet de rester compétitif si l'arrivée est débarrassée des purs spécialistes.
Caja Rural, présente dans chaque coupe et coupure, peut difficilement être reprochée dans ce domaine.
Au-delà des purs sprinteurs, la lutte pour le maillot vert est menée par des figures comme Mads Pedersen, capables de se créer leurs propres opportunités en dehors des grandes opérations massives.
Avec une carte de sprints très recherchée et réduite sur ce Tour, l'usure des équipes et la perte de personnel ouvriront la voie aux échappés dans les dates à venir.


Ceux qui ont déjà mouillé, avec Merlier à la barre, respirent avec tranquillité, comme Kooij, dont le Decathlon dont les aspirations définitives pointent bien plus haut : Paul Seixas.








