Mathieu van der Poel est bon même en perdant

La source de Van der Poel : Sans monuments mais avec notre admiration

Le printemps de Mathieu van der Poel s'en est allé laissant derrière lui un sentiment mitigé, un mélange d'impuissance et de fierté que seuls les élus peuvent se permettre quand la case des monuments est à zéro.

On n'a pas l'habitude de voir le Néerlandais descendre de vélo en avril sans avoir embrassé la gloire dans un décor cinq étoiles.

Pourtant, réduire ces deux mois à l’absence de trophée majeur serait ignorer l’ampleur d’un coureur qui, même dans la défaite, a su pérenniser le récit de la saison.

CCMM ValenceCCMM Valence

Dès ses débuts au Nieuwsblad, il était clair que si la compétition n'atteignait pas le niveau d'excellence, Van der Poel gagnerait comme et quand il le voulait.

Cette supériorité a été transférée au Tirreno-Adriatico, où leurs victoires partielles ont mis en garde contre un état de forme diabolique qui présageait une campagne historique.

Mais la route, à la fois capricieuse et cruelle, a décidé que 2026 serait l’année des détails négatifs.

À Milan-San Remo, une chute qui a également touché Pogacar lui a blessé le poignet, réduisant sa capacité à réagir au moment de vérité.

Malgré la douleur, il n'a pas ménagé un seul soulagement du Slovène dans le Poggio, faisant preuve d'une générosité tactique qui a fini par payer par un effondrement physique dans le groupe de poursuivants.

Dans Paris-Roubaix, le sort lui a porté un coup bas dans la forêt d'Arenberg.

Une crevaison intempestive l'a contraint à ramer à contre-courant avec un désavantage de deux minutes.

Ce que nous avons vu ensuite était une poursuite épique de plus de quatre-vingts kilomètres ; Van der Poel a assumé le poids de chaque groupe dont il faisait partie, abandonnant sa vie pour un retour impossible.

Il n’y a pas eu de quatrième victoire consécutive dans l’Enfer du Nord, mais c’était une leçon de fierté.

Lors du Tour des Flandres, le scénario s'est répété : tenir tête à Pogačar jusqu'à ce que le Slovène, dans une démonstration de force dans le Kwaremont et le Paterberg, le prive d'être le seul roi de De Ronde.

Il nous reste cependant sa victoire à Harelbeke.

Là, Mathieu a joué avec les rivaux avec une suffisance mentale et physique qui a rappelé pourquoi il a sa place à la table des élus.

Il a su gérer le temps et les faiblesses des autres avec la ruse de quelqu'un qui se sait supérieur.

Ce printemps n'a pas été exceptionnel en raison du manque de rénovations majeures, mais il a été très apprécié.

Van der Poel a été aussi grand dans la défaite qu'éloquent dans la victoire, nous rappelant que parfois le courage d'un champion se mesure à son incapacité à se cacher lorsque tout va contre lui.

Sa saison entre désormais dans une parenthèse d'incertitude, sans que le Tour de France soit confirmé, mais avec la certitude que sa silhouette continue d'être le soleil sur lequel gravite le cyclisme d'avant-garde. Pourquoi ne pas le voir à Liège ?

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