Le Giro n'est pas terminé mais presque pour les Emirats Arabes Unis
Comment allez-vous affronter le Giro UAE à cinq cyclistes ?
Ceux qui vivent de ce métier savent parfaitement que leur chance marche presque toujours sur le fil, une chance changeante qui passe de 100 à 0 en quelques secondes, un bang, en moins d'un souffle et met fin au rêve.
Mais il y a des coups et des coups, et celui que les Emirats Arabes Unis ont reçu au départ du Giro est brutal, faisant face au poids d'une fatalité qui transcende le simple sportif pour entrer dans le dramatique.
Un de ces jours dont les livres d'histoire se souviendront pour de mauvaises raisons, le bloc le plus puissant du peloton a été réduit à son expression minimale après une chute massive qui a fonctionné comme une faux.


Perdre trois cyclistes de l'envergure d'Adam Yates, Marc Soler et Jay Vine d'un seul coup n'est pas seulement un revers, c'est une blessure ouverte plus évidente que le sang qui coulait sur le visage de l'Anglais.
Le bloc est désormais contraint de survivre avec seulement cinq soldats.
Ce chiffre est alarmant car il est si petit, laissant un sentiment d'impuissance dans un peloton qui regarde habituellement les Émirats arabes unis avec peur et qui les regarde maintenant avec un mélange de respect et de stupeur face à une telle ponction de talents.
Le rapport médical résultant de l'accident est une traînée d'os brisés et d'illusions tronquées qui conditionne non seulement le présent immédiat en Italie, mais jette également une ombre sur le reste de la saison.
Le cas de Marc Soler est particulièrement douloureux en raison de la charge émotionnelle qu'il implique.
Une fracture du bassin est une blessure extrêmement grave qui met sérieusement en doute sa participation au Tour de France, un événement qui cette année a un sens pour le coureur catalan.
Le fait que la course la plus importante du monde quitte son domicile et parcoure les rues de Vilanova i la Geltrú transforme son éventuelle absence en une tragédie personnelle.
Le cyclisme, dans son aspect le plus cruel, enlève la possibilité de briller devant ses proches dans un scénario qui ne se reproduira guère.
La situation actuelle de l’équipe est un casse-tête difficile à résoudre.
Avec cinq coureurs en lice, les marges de manœuvre sont limitées.
La chute n’a pas seulement fait perdre du terrain, elle a également éliminé trois piliers fondamentaux qui donnaient l’équilibre et la profondeur stratégique au groupe.


Adam Yates et Jay Vine auraient certainement été en tête, sinon dans la totalité, du moins dans la grande majorité des étapes.
Le problème de l'Australien et des chutes est une question de devoir judiciaire.
Il reste à voir comment l'équipe se reconstruira face à ce vide de pouvoir interne, dans une course qui ne pardonne pas la faiblesse numérique et qui exigera un effort surhumain de la part des survivants pour maintenir leur pertinence compétitive après un coup aussi dévastateur.

