Le Giro est en Italie, mais pas des Italiens

Les Italiens restent rarement en dehors du top 5 du Giro

Le cyclisme italien vit dans un paradoxe permanent, un funambule entre la gloire instantanée des victoires partielles et le vide absolu du classement général.

Le Giro d'Italia a laissé une photo crue, presque cruelle, aux hôtes.

Pour la première fois dans la très longue histoire de la Corsa Rosa, le cyclisme local est exclu du top 5 du classement final.

CCMM ValenceCCMM Valence

Les données sont accablantes et les statisticiens transalpins n'ont pas tardé à le classer comme le pire bilan des 109 éditions de la course masculine.

Une huitième place pour Davide Piganzoli – le meilleur coéquipier de Vingegaard – et une neuvième place pour le vétéran Damiano Caruso constituent un petit gain qui fait particulièrement mal en Italie car ils aiment cette course, même à l'époque de Jannik Sinner et de la dernière ligne droite de la Serie A.

L'explication officielle va généralement toujours dans le même sens : l'absence d'équipe italienne dans la catégorie la plus élevée du WorldTour.

Mais au-delà des structures, le vélo est une question de matière première et de patience.

La dernière étape à Rome, couronnée par Jonathan Milan, a sauvé la fierté du sprint, mais le véritable débat de fond va dans d'autres directions.

Les supporters italiens, aussi inconstants que passionnés, ont besoin de noms pour le classement général, de chiffres capables de supporter le poids d'une course de trois semaines.

Dans ce désert émergent deux noms qui partagent un quartier de San Martino, une amitié en dehors des courses et le lourd fardeau de diriger le relais.

Davide Piganzoli et Giulio Pellizzari représentent deux manières antagonistes d'appréhender le cyclisme, mais complémentaires pour raviver la flamme des tifosi.

Pellizzari apporte une exubérance naturelle et un caractère extraverti qui correspondent parfaitement à l'archétype de l'idole italienne, même s'il a payé le prix d'un sommet prématurément cette saison.

A l'autre extrême se trouve Piganzoli, dont le sérieux et la solidité lui ont valu les éloges de Jonas Vingegaard lui-même dans ce Giro, lui ouvrant la porte pour assumer les couleurs de leader pour l'édition 2027.

Tous deux ont fait leurs preuves lors du Tour del Porvenir.

La capacité du cyclisme italien à récupérer le terrain perdu dépendra de sa capacité à mûrir sous la pression et la compétition habituelle du Giro.


Continuer la lecture

Cliquez pour commenter

Laisser une réponse

Annuler la réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'un *


Ce site utilise Akismet pour réduire le spam. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

A lire également