Juan Ayuso est le meilleur atout espagnol du Tour mais…
Ce Tour va-t-il démanteler l'irrégularité habituelle de Juan Ayuso dans les grands ?
Le Tour de France qui part de Barcelone présente une réalité pour le cyclisme espagnol : l'absence de favoris clairs dans les principales poules.
L’analyse de la participation nationale oscille entre nostalgie et incertitude.
D'une part, la course mettra en vedette des cyclistes d'une qualité incontestable mais qui affrontent déjà leur dernière danse particulière dans l'élite, comme c'est le cas du vétéran Ion Izagirre.


En revanche, il y a des victimes notables comme Carlos et Cristian Rodríguez, Mikel Landa, Pello Bilbao et Iván Romeo.
Ensuite, il y a les Movistar qui, oui, je pense qu'ils ont une étape dans les jambes, mais ils doivent le prouver.
Raul, Romo et Castrillo…
Face à ce panorama très discret, le regard du général se tourne forcément vers Juan Ayuso.


Le cycliste, curieusement né dans la même Barcelone qui accueille le départ mais sportivement identifié à Alicante, apparaît clairement comme la meilleure option pour la représentation espagnole.
Ayuso prend les commandes d'un Lidl-Trek qui se présente dans la manche française comme l'un des blocs les plus puissants, soutenu par une structure de sponsoring qui se distingue actuellement pour être l'une de celles qui investissent le plus et le meilleur dans le cyclisme professionnel.
Pour Juan Ayuso, ce départ signifie se retrouver face à la grande opportunité qu'il réclamait publiquement depuis si longtemps.
Le coureur a devant lui l'opportunité de diriger une équipe avec toutes les garanties sans aucun type de restrictions ni de liens tactiques, une situation très différente de celle vécue auparavant, car il n'a plus Tadej Pogačar qui marque le plafond compétitif au sein de l'équipe.
Pour ce défi, Ayuso s'entoure d'un puissant bloc de coureurs dans lequel Giulio Ciccone finit par sortir, mais qui conserve des pièces d'une valeur énorme.
L'équipe a dressé une liste restreinte entièrement garantie où des noms comme Mathias Vacek, Carlos Verona et Quinn Simmons agiront comme un formidable soutien capable de soutenir la course sur tous les terrains possibles, du plat à la haute montagne.
Or, la cohabitation sur la route vous obligera à gérer intelligemment vos égos.
L'équipe met également Mattias Skjelmose dans la mêlée, une situation dans laquelle le plus raisonnable sera de laisser la dureté de la course elle-même dicter la sentence et naturellement marquer qui est le leader définitif des deux, malgré le fait que l'Espagnol part avec un point d'avance sur papier dans les plans initiaux.
Dans l'ancien Dauphiné, ils avaient déjà bonne mine.
Tout cela sans perdre de vue l'autre grand réservoir de pétrole et l'ambition de la structure, puisque la présence de Mads Pedersen donnera au groupe l'incitation quotidienne à se battre pour les victoires d'étapes dans les sprints et, d'une manière très particulière, le grand objectif de conquérir le maillot vert.
De son côté, les sensations que Juan Ayuso lui-même transmet au cours des trois prochaines semaines sont d'une ambition incontestable, plaçant clairement le podium à Paris comme son grand objectif pour cette édition.
Revenir au Dauphiné, c'est sa meilleure promotion, on l'a très bien vu, récupéré et compétitif.
Le cycliste espagnol est pleinement conscient de l'extrême volatilité de l'épreuve française, avertissant que sur le Tour absolument tout peut changer d'un jour à l'autre, n'importe quel jour.


Partant de ce principe, la stratégie initiale est de garder la tête froide pendant ce début de compétition exigeant, en supposant qu'il est vital de ne pas perdre de temps dans les premiers jours et d'économiser le plus d'énergie possible avant que le classement général ne commence à se décider véritablement à partir du deuxième week-end et lors du feu d'artifice final de la dernière semaine de course.

