Carapaz non plus, le Giro frissonne
Jonas Vingegaard peut trouver un Giro très favorable au départ
D'abord Joao Almeida, puis Mikel Landa, maintenant Richard Carapaz, le Giro d'Italia perd de nombreux chiffres et si Vingegaard est comme nous l'espérons, cela pourrait être une répétition du triomphe de Pogacar il y a deux ans, quand personne ne lui avait toussé dessus.
Et le Giro 2026 est confronté au précipice de la non-pertinence compétitive avant même que le premier coureur ne descende la rampe de départ.
Il reste à peine sept jours avant le départ et le flot de blessés transforme la liste des dossards en terrain vague.


Cette semaine, c'était la touche finale : João Almeida, Mikel Landa et Richard Carapaz se sont dit au revoir d'un seul coup.
Nous parlons d'un palmarès commun qui ajoute une victoire finale et quatre podiums.
Ce ne sont pas des absences mineures, ce sont les piliers qui devraient soutenir le récit de la course contre le favori Jonas Vingegaard.
La perte d'Almeida est particulièrement douloureuse à cause de ce qu'elle signifie d'une planification ratée, d'une maladie inopportune qui annule des mois de travail.
De leur côté, Landa et Carapaz, déjà dans l'hiver de leur carrière, confirment que les coups à certains âges mettent du temps à cicatriser.
Le résultat est une liste de participants qui reste dans les os, un peloton discret où la brillance brille par son absence. Si l’on retire Jonas Vingegaard de l’équation, le désert est absolu.
Parmi le reste d'entre nous, seule une poignée de noms comme Yates, Bernal, Mas, Hindley ou O'Connor savent ce que cela fait d'entrer dans une grande boîte.
Il est vrai que Bernal et Hindley ont le trophée « Sensa fine » dans leurs armoires, mais leurs meilleurs jours semblent loin.
Les noms qui restent pour combler les lacunes de la chronique – Pellizzari, Gee, Buitrago ou Van Eetvelt – sont de bons coureurs, cyclistes d'avenir ou échappés méritants, mais peu de chiffres qui compromettent l'épouvantail danois.


Comme on dit, le mentor de la course, RCS, se retrouve sur l'étape de 2024 : un géant entouré de nains, un coureur hyper dominant devant un groupe de grimpeurs discrets qui se disputeront les miettes d'un podium bon marché.
Tout cela se traduit par l'incapacité chronique des organisateurs italiens à séduire les grandes stars ou peut-être que le Giro, étant le premier mais pas le plus important, qu'est le Tour, part désavantagé.
Cependant, c'est comme la Premier League pour les Anglais, le Giro pour les Italiens, leur principal marché, c'est toujours de la merde et c'est important.
Comme c'est le cas depuis 2020, la panique autour d'un Giro décimé n'est pas une invention de la presse critique, c'est une réalité tangible sur le dossard.


Le prestige de la course en pâtit et, aujourd'hui, seule une exhibition surnaturelle de Vingegaard peut compenser un événement qui, sur le papier, n'a pas l'air des meilleurs.
L’épopée italienne ne peut survivre éternellement grâce aux seuls paysages et à la tradition si les protagonistes restent chez eux.







