Enric Mas, la Vuelta et les gagnants tirés au sort

La Vuelta a España a une bonne collection de vainqueurs que nous n'avions pas vu venir

Gagner la Vuelta a España habille, mais ne garantit pas toujours une place dans l'aristocratie cycliste.

La victoire d'Enric Mas s'ajoute à une tradition même de cette course : celle du champion qui fausse les paris initiaux et brise tout schéma prévisible.

Personne ne s'y attendait il y a trois semaines, mais l'histoire de l'événement regorge de noms qui ont touché le ciel en septembre et signé ensuite des trajectoires marquées par l'étrangeté, le manque de continuité ou directement le vide.

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Je ne dis pas que ce sera le cas d'Enric Mas, mais au moins c'est une victoire qu'on ne voyait pas venir.

Le fil vient de loin.

En 2001, Ángel Casero a remporté la course devant Óscar Sevilla lors du dernier contre-la-montre à Madrid.

Ce fut l'édition des célèbres bielles d'Eufemiano, le point culminant de sa carrière et, paradoxe absolu, le début de sa chute libre.

Casero n'a plus jamais atteint ce niveau, il a eu du mal à prendre pied sur le marché et n'a pas signé de contrat au niveau d'un grand gagnant.

Douze ans plus tard, l'histoire se répète avec Chris Horner.

L'Américain a consolidé son triomphe sur les rampes de Hazallanas – une étape clé également dans cette dernière édition – en faisant preuve d'une expérience inhabituelle et d'un parcours antérieur sans grande fanfare.

Sa récompense après sa victoire à Madrid était similaire à celle de Casero : une porte qui claque dans les négociations et l'incapacité de rentabiliser le maillot rouge.

Il existe d'autres modèles surprises sur cette liste.

Aitor González a conquis l'édition 2002 après cette fameuse insubordination à l'Angliru contre Séville, réalisant trois semaines stellaires qu'il ne reproduira jamais dans le peloton.

Plus proche dans le temps est le cas de Fabio Aru, vainqueur il y a onze ans.

Le Sarde a atteint son apogée en septembre avec Astana, mais son étoile s'est éteinte à une vitesse étonnante jusqu'à sa retraite définitive après l'arrêt de la pandémie.

Même l'exploit de Sepp Kuss en 2023 porte cette empreinte unique : un coéquipier luxueux subjuguant les leaders théoriques du rang, Vingegaard et Roglic, pour reprendre une course que sa propre équipe n'avait pas prévu de lui donner.

Simon Yates a réussi à donner une certaine continuité à son succès de 2018 des années plus tard, mais son moment sur la Vuelta est arrivé alors que peu de gens l'attendaient au sommet.

Enric Mas entre désormais dans ce groupe restreint de gagnants inattendus.

Le temps nous dira si son nom est associé à un tournant ou s’il vient s’ajouter à cette liste de triomphes aussi marquants qu’éphémères.


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