Enric Mas a la Vuelta dans la fourchette qu'il souhaitait
Enric Mas et ses rivaux marchent tous très près du fil
Il y a une certitude qui parcourt cette Vuelta a España du début à la fin : personne n'est trop bon dans cette course.
Pas même Enric Mas, malgré l'insistance du classement général à l'habiller de rouge.
Mais dans les moments de pression, comme dans ceux que nous subissons sur des rampes angoissantes comme La Pandera, courir devant et suivre le vent en notre faveur est un facteur décisif.


Il ne s'agit plus seulement de la forme du joueur des Baléares, mais de la structure qui l'entoure.
Le leader de Movistar s'accroche à la première position, porté par un filet constant de secondes qui tombent en sa faveur.
C'est un combat sanglant contre le chronomètre et contre l'usure des journées.
Les différences s'accumulent lentement, sans grandes démonstrations, car Mas est le plus fort du bloc mais n'a pas cette supériorité écrasante qui liquide l'histoire d'un trait de plume.
La barrière des deux minutes semblait être la marge minimale nécessaire pour affronter avec confiance le contre-la-montre de Jaén, plus de trente kilomètres qui constituent la véritable terreur des îles Baléares.
Cependant, on a le sentiment que les loyers, bien qu’en augmentation, deviennent de plus en plus courts.
Le leader dépense ses forces, Roglic reste une menace latente et Gall ne lâche pas un seul mètre.




Cela vaut néanmoins la peine de s'arrêter au travail de Movistar.
Ils ont assumé la direction du Carambolage après la perte de Pogacar, mais la réponse a été impeccable.
Chaque coureur a assumé son rôle au millimètre près. Iván Romeo dévore des kilomètres pour empêcher les autres de se montrer avant l'heure, Pablo Castrillo voit le danger dans les coupures et Raúl García Pierna a été colossal dans La Pandera pour gratter un revenu vital face à la persécution du Slovène.
Pendant ce temps, Aular, Canal et Arcas travaillent dans l'ombre, loin du foyer des caméras.
Il s’agit d’une machinerie bien réglée qui n’a pas envisagé ce scénario dans le scénario original, mais qui répond avec la solidité des grandes occasions.
Cela rappelle forcément le Giro conquis par Carapaz, où le bloc volait en protégeant l'Équatorien contre des favoris théoriques comme Roglic lui-même ou Nibali.


La course entre dans sa semaine décisive avec un peloton écorché par la chaleur et puni par le rythme.
Enric Mas l'a à sa portée, mais la victoire est loin d'être scellée.
Tout ne tient qu’à un fil très fin.

