Le premier vainqueur international du Giro

Le premier vainqueur non italien du Giro était un Suisse

Hugo Koblet n'était pas qu'un cycliste comme les autres, il était une image, un vers libre dans un sport qui à cette époque sentait la graisse, la boue et le sacrifice extrême.

Le 21 mars 1925, naît à Zurich celui qui viendra briser l'ordre établi sur les routes du sud.

On l’appelait « le pédaleur de charme », et ce surnom n’était pas une gracieuseté de la presse de l’époque.

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Koblet possédait une élégance innée qui réalisait l'impossible : faire ressembler l'effort angoissant d'une ascension à une promenade au bord du lac de sa ville natale.

Sa carrière professionnelle, prolongée entre 1946 et 1958, a laissé une trace de 70 victoires, mais au-delà des chiffres, il a laissé une marque esthétique inégalée.

Ses fondations ont été forgées dans le bois des vélodromes, perfectionnant la modalité de poursuite.

Il y apprend à rouler contre la montre, une discipline qu'il maîtrise avec une précision chirurgicale.

Il fut champion national de la spécialité huit fois consécutives, touchant l'arc-en-ciel mondial avec deux deuxièmes places en 1951 et 1954.

Cependant, sa véritable explosion médiatique s'est produite en 1950, lorsque le Giro d'Italia a cessé d'être une affaire privée pour les coureurs locaux.

Koblet est devenu le premier étranger à remporter la maglia rosa, une étape qui a blessé la fierté de l'Italie d'après-guerre mais qui, à son tour, a amené les tiffosi avant leur classe.

C'était un cycliste total, capable de se défendre sur les sommets les plus accidentés et de voler sur le plat.

Sa victoire contre Fausto Coppi au Grand Prix des Nations n'était pas une anecdote, mais la confirmation que les Suisses pouvaient battre le « Campionissimo » dans la lutte contre la montre, dans cette Coupe du monde non officielle qui mettait chacun à sa place.

En 1951, il prolonge son état de grâce en franchissant le Tour de France avec une autorité insultante, ajoutant cinq victoires d'étapes et précisant que son triomphe en Italie n'était pas une coïncidence.

Après ces deux années magiques, sa star a gardé son éclat avec deux deuxièmes places supplémentaires sur le Giro, se consolidant ainsi comme la grande alternative internationale.

Mais la lumière de Koblet s'éteignit trop tôt.

Après avoir raccroché son vélo en 1958, la vie en dehors du peloton lui devient difficile.

En 1964, un étrange accident de voiture met fin à sa vie, laissant derrière lui un halo de mystère et de spéculations sur un possible suicide qui ne fait qu'amplifier la légende de l'homme qui enseignait au cyclisme qu'on pouvait gagner en étant le plus beau et le plus élégant.


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