Lenny Martinez, le nouveau cycliste culte
Le palmarès prestigieux de Lenny Martinez ne cesse de croître
Lenny Martinez est devenu un cycliste culte, une figure qui rompt avec l'hégémonie des grands cyclistes costauds pour nous redonner le mystique de l'extrême légèreté.
Nous parlons d'un coureur qui, avec à peine cinquante-deux kilos répartis sur un mètre soixante-huit, selon Procycling Stats, performe avec une solidité inadaptée à sa physionomie.
Son palmarès n'est pas seulement une liste de succès, c'est une déclaration d'intentions dans un cyclisme où la barre de l'exigence a atteint des niveaux jamais vus auparavant.


Ses triomphes dans des épreuves prestigieuses comme la Coupe du Japon, le Trophée Laigueglia, le Mercan'Tour ou le Classic Var sont des crans sur un revolver qui tire avec une précision chirurgicale, mais c'est dans les épreuves du World Tour que sa silhouette acquiert cette patine particulière de coureur qui nous oblige à nous asseoir devant la télévision.
On se souviendra de ses étapes dans le Dauphiné, en Romandie – course où il était déjà monté sur le podium l'an dernier – et surtout de sa récente et brillante performance à Paris-Nice.
Ce qui a été vécu lors de la dernière étape de la Course au Soleil était une ode à la résistance et à la confiance en soi.
Voir ce petit garçon tenir tête à un Jonas Vingegaard déchaîné, se permettant même le luxe de le féliciter en pleine ascension avant de conclure une excellente victoire, est une de ces images qui restent gravées dans la rétine du fan.
Cette victoire n'était pas seulement un succès personnel, c'était le seul « mais » que l'on osait opposer à la tyrannie du Danois tout au long de la semaine.


A vingt-deux ans, le plafond de Lenny Martinez reste un mystère, même si les signes sont clairs.
Peut-être n'a-t-il pas la solidité de pierre nécessaire pour attaquer le classement général d'un grand tour de trois semaines, où l'usure fait habituellement des ravages sur des physiques aussi légers, mais il a les atouts nécessaires pour répéter la trajectoire d'un David Moncoutié.
Nous parlons de ce type de coureur très élégant, capable de sélectionner ses objectifs et de remporter des victoires d'une qualité incontestable. Dans le contexte du cyclisme français qui se cherche un héritier après l'ère Romain Bardet, Martinez est une pièce maîtresse.
La France pousse un soupir de soulagement en voyant le talent qui se dessine chez Grégoire, l'expérience de Gaudu ou de Laporte, et cet éternel Alaphilippe qui, même s'il ne gagne plus aussi souvent qu'autrefois, sait toujours attirer l'attention.
Tout cela se produit alors que le monde observe la croissance de Paul Seixas, la perle qui illumine l'avenir mais qui, pour l'instant, ne parvient pas à éclipser Lenny Martinez qui maintient au sommet le drapeau du cyclisme français.

