Le cyclisme continue sa boucle
A la veille du Kuurne, nous nous souvenons d'Oier Lazkano
Même si le ton habituel dans ce coin est celui de la nostalgie bien comprise ou de l'analyse des tactiques raciales, il est aujourd'hui temps de regarder au balcon de la réalité la plus crue et la plus sombre.
Sans vouloir ressembler à un spoiler, je vous invite à écouter le dernier opus du podcast El Velódromo où, en compagnie de Fernando Ferrari de Ciclo21, nous décortiquons une charpente qui nous laisse un goût métallique et amer dans la bouche.
On parle de Marc Soler, mais pas de ses balades ni de son langage gestuel à vélo que l'on aime tant interpréter.


On parle de son environnement, de son père et d'une relation avec un préparateur physique qui porte les stigmates du hors-la-loi. Il n'est pas médecin, mais l'effet de son ombre est tout aussi long et dommageable pour l'image d'un athlète que nous apprécions sincèrement.
Il est surréaliste qu'un coureur du talent et de l'expérience de Marc soit impliqué dans ce filet d'histoires qui semblent tirées d'un manuel d'erreurs que l'on croyait avoir surmonté.
Il est inévitable de ressentir ce froid qui nous transporte dans les temps noirs d’il y a vingt ans.
Ces années de plomb semblent désormais revenir sous forme de petites pilules, peut-être moins bruyantes car elles n'occupent plus la Une des journaux avec la même méchanceté qu'avant, mais tout aussi corrosives pour la crédibilité du cyclisme.
Le sentiment est que le sport continue de buter sur le même rocher, alimentant une structure de suspicion qui ternit des trajectoires qui devraient être exemplaires.
Ce scénario rappelle inévitablement ce qui s'est passé avec Oier Lazkano.
Le pilote d'Alava a disparu du circuit depuis l'automne dernier, au moment même où il a été décidé de porter son cas au grand jour.


C'est douloureux d'écrire cela à la veille d'un événement comme le Kuurne-Bruxelles-Kuurne, ce classique du flamenco où Lazkano nous faisait rêver lorsqu'il montait sur le podium.
Ce fut le prélude à son saut vers une structure du calibre de Red Bull, un rêve qui s'est évanoui vers le néant absolu à cause de ses propres erreurs qui, au fond, sont les erreurs endémiques que le cyclisme ne peut éradiquer.
La nouvelle selon laquelle Jaume Soler fait appel de sa suspension de dix-huit mois n'est rien d'autre qu'un autre chapitre de ce complot qui s'entête à nous rappeler que, derrière l'éclat des médailles et des contrats à plusieurs millions de dollars, il continue d'y avoir une zone crépusculaire que nous refusons d'accepter comme éradiquée.





