Si Merckx bénit Pogacar, Nys bénit Van del Poel

Le père de Thibaut, Sven Nys, n'a aucun doute contre Mathieu van der Poel

La comparaison surgit naturellement, presque par décantation, lorsque le poids de l’histoire cède à l’évidence du présent.

Si depuis des décennies le cyclisme sur route cherche un digne héritier du cannibalisme d'Eddy Merckx, trouvant enfin en Tadej Pogačar quelqu'un capable de recevoir cette bénédiction sans alourdir ses rayures, la boue a trouvé sa parfaite symétrie.

Ce n'est pas une mince affaire que Sven Nys, l'homme qui incarnait la perfection absolue en cyclocross, le « Cannibale » de la campagne belge, parle avec autant d'insistance de Mathieu van der Poel. De même que le Belge a reconnu chez le Slovène une ambition qu'il croyait éteinte,

CCMM Valence

Nys a levé la main pour certifier que ce que nous voyons sur les circuits n'a pas d'équivalent.

La 50e victoire de Van der Poel en Coupe du monde n'est pas seulement un chiffre rond qui équivaut à un record d'il y a dix ans ; C'est la confirmation d'un domaine qui transcende les nombres.

Nys le dit clairement : il est le meilleur de tous les temps.

Et c’est ce que dit celui qui a bâti sa légende sur la régularité technique et la résistance mentale. Lorsque le leader d’une époque admet que son successeur opère dans une autre dimension, le débat est épuisé.

La bénédiction de Nys envers le Néerlandais a cette nuance de changement générationnel où il n'est plus question de savoir qui a gagné le plus, mais plutôt qui le fait avec une supériorité si insultante qu'elle réduit le reste de la grille à de simples figurants dans un monologue.

Nous sommes confrontés à un cycle d’élus.

La relation admirative entre Nys et Van der Poel, la grande muraille pour son fils Thibaut, reproduit ce respect presque révérencieux que Merckx montre pour Pogačar.

Dans les deux cas, le vétéran n'a pas le sentiment qu'on lui vole sa place, mais il se sent plutôt fier que le sport qu'il a élevé aux autels continue entre les mains de génies capables de briser n'importe quel plafond de verre.

Pour Nys, le style de Van der Poel, ce mélange de puissance brute et de technique qui semble défier les lois de la physique dans les moindres recoins boueux, est l'évolution ultime de la discipline. Il n’y a aucune incertitude possible devant le chronomètre et la sensation de facilité.

Tout comme la route a son nouveau totem, le cyclocross a trouvé en Van der Poel le cycliste total qui a fait céder même le plus grand des précédents devant l'évidence de sa supériorité technique et physique.


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